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LOL : pa mdr mé :-) kan m'm

Le film LOL faisait l'ouverture de la semaine du cinéma français à Berlin hier soir.

Pour cette cérémonie d’ouverture inaugurée par un quartet de saxophonistes, c’est un film consensuel et léger qui avait été programmé. Quoi de mieux pour ce genre d’exercice qu’un des grands succès francais des derniers mois : la comédie LOL de Liza Azuelos ? La réalisatrice, qui avait également dirigé le film Comme t’y es belle était d’ailleurs présente dans la salle en compagnie des deux jeunes acteurs principaux du film Christa Theret et Jérémy Kapone.

LOL fait évidemment référence au terme utilisé en langue SMS ou Chat et qui signifie, même si son origine est maintenant déjà oubliée Laughing out loud (mort de rire). Un terme donc symbole de la nouvelle génération et des médias qu’elle utilise quotidiennement. Amourettes de lycée, cours de SVT, voyage scolaire à Londres et tout l’accompagnement SMS et MSN qui va avec, LOL plonge le public dans un groupe de lycéens et les difficultés des parents à suivre le rythme. Avec Sophie Marceau à l’écran, ca vous rappelle quelque chose ? Effectivement, le film a un petit goût de « La Boum – Vingt ans après » et c’est volontaire. Avec juste les petites évolutions technologiques qui vont avec la génération née avec un ordinateur entre les mains.

Une comédie bon enfant donc où lycéens et parents se reconnaîtront. Du consensuel en tout cas puisque tout le monde, il est beau, tout le monde il est gentil et à la fin tout le monde il s’aime et tout le monde il est content. Pas vraiment la réalité des lycées francais mais comme l’indique la dernière phrase du film, le but n’est pas vraiment d’offrir une vision réaliste.

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Crédit photos : Delphi Filmverleih

Clap de début à Berlin

Après le succès d’ »Entre les murs » - Die Klasse en France et au niveau international, la semaine qui arrive sera l’occasion de prendre la température du cinéma français en Allemagne. Ce jeudi s’ouvre en effet la semaine du cinéma français à Berlin avec le clap de fin prévu mercredi prochain.

Au programme , 20 films, quelques gros succès, des films plus intimistes et quelques stars à l’affiche. Présentée dans deux cinémas berlinois – le Cinéma Paris sur le Kurfürstendamm et le Filmtheater à Friedrichshain – cette semaine sera l’occasion pour le public mais aussi pour d’éventuels distributeurs de découvrir quelques perles françaises.

Ce sera ainsi l’occasion de (re)découvrir l’incroyable talent de l’actrice Yolande Moreau présente dans deux films cette semaine : Séraphine (avec Ulrich Tukur) qui a triomphé lors de la dernière cérémonie des Césars et, dans un autre genre, Louise Michel réalisée avec la bande du Groland. Parmi les autres films à ne pas rater, le nouvel opus du couple Agnès Jaoui / Jean-Pierre Bacri : Parlez-moi de la pluie où ils retrouveront l’humoriste Jamel Debbouze.

Parmi les autres stars à l’affiche, on retrouvera Sophie Marceau qui, vingt ans après La Boum qui avait également percé en Allemagne, joue cette fois le rôle de la mère dans un autre film générationnel : LOL dont la réalisatrice sera présente à Berlin. Les Berlinois auront également l’occasion de retrouver Gérard Depardieu pour le film de Claude Chabrol Bellamy déjà présent lors de la Berlinale en février dernier.Séraphine

Crédit photos : Séraphine, Arsenal Filmverleih

Une pétanque du nord sans anisette

Par un beau dimanche ensoleillé, quoi de mieux qu’un bon jeu pour se retrouver entre amis au Mauerpark ou au Tiergarten ? Laissez de côté la bonne vieille pétanque : le Kubb, jeu tout en bois importé de Suède et dont les règles dateraient de l’ère des Vikings, vous fera passer un tout aussi bon moment

par Gwenaëlle Ily

Les règles rappellent un mélange du jeu de quille et des échecs. Sur un « terrain » rectangulaire, d’environ 5x8 mètres et délimité par de petites barres, deux équipes se font face avec cinq quilles (« Kubbs ») disposées devant chaque partie. Une quille représentant le roi est disposée au centre du terrain. Les joueurs de la première équipe lancent alors leurs six bâtons sur les quilles de l’équipe adverse avec pour but d’en faire tomber un maximum. Idéalement, le jet doit faire tourner les extrémités du bâton et le lancer en longueur est proscrit. Les Kubbs tombés sont récupérés et jetés par l’équipe B derrière la ligne centrale déterminée par la position du roi. Ils sont alors appelés les « Kubbs de champ ». Lorsque l’équipe B a à son tour lancé ses six bâtons, l’équipe A doit d’abord faire tomber ces Kubbs de champ avant de viser les Kubbs restants. L’équipe gagnante est celle qui fait tomber le roi après avoir abattu l’ensemble des Kubbs de l’adversaire.  
La popularité du Kubb a connu un regain dans les années 1990 et, depuis 1995, un championnat du monde annuel se tient sur l’île de Gotland, lieu où est apparu le Kubb. En attendant le championnat du monde, si ce jeu vous a convaincu, un Kubb Open « teuton » est aussi organisé le 6 juin prochain à Rostock !

Bon vous n’avez toujours rien capté ? Allez donc voir de plus près à quoi ça ressemble le schmilblick.


Pour les non-curieux, rien de mieux qu’une bonne vieille pétanque : 
Tous les samedis de 16 à 18h sur l’allée de la Schloßstr. (face au château de Charlottenburg, près de la salle de sport Baller). Apporter ses boules. Par temps pluvieux, ca tombe à l’eau…

Article publié de le numéro de juin de Berlin Poche.




"Privilégier l'économie sur l'écologie nous ferait perdre sur les deux tableaux"

Le blog Electorallemand suit pour le magazine français L'Express la campagne européenne en Allemagne. En coopération avec Café Babel dans le cadre du projet EU Debate 09, le blog de Café Babel Berlin reprendra certains articles d'Electorallemand. Aujourd'hui : Les médias et l'Europe

Le rôle des transports pour l’environnement, c’est son domaine. Député pour Berlin au parlement européen, Michael Cramer est le porte-parole des Verts à la commission Transports à Bruxelles. Cycliste averti, il se déplace depuis 30 ans sans voiture et s’indigne contre les absurdités des politiques de transport dans son pays et en Europe.



Sébastien Vannier : quels sont les défis qui se présentent à l’Europe en matière de transports pour le mandat à venir

Michael Cramer : nous avons déjà atteint beaucoup d’objectifs concrets dans la dernière législature, comme le permis de conduire européen, l’euro-vignette ou dans le transport de fret. Mais nous devons travailler à notre politique de transports au niveau européen pour combattre le changement climatique. Pour cela, il faut tout simplement prendre en compte les coûts réels pour que les différents types de transports soient sur un pied d’égalité, ce qui n’est actuellement pas le cas entre l’avion et le train par exemple. Les transports absorbent énormément d’argent qui pourraient être mieux investis pour faire baisser les émissions de CO2.

SV : Est-il plus facile pour les Verts de peser sur le Parlement européen que sur le Bundestag ?

MC : Oui car nous n’avons pas le même format majorité/opposition. Il n’y a pas cette même obligation de vote de la fraction. Les socialistes français par exemple sont extrêmement fiers de leurs centrales nucléaires. Les socialistes allemands sont au moins aussi fiers d’être sortis du nucléaire avec les Verts. Comment les obliger à voter ensemble sur ce sujet ? C’est une chance pour un parti comme le nôtre car nous pouvons convaincre des collègues dans les autres fractions.

SV : comment est l’ambiance avec vos collègues Verts français ?

MC : Les Verts sont LE parti européen. Personnellement, j’ai été dans de nombreux pays pour le projet Iron Curtain Trail pour établir une piste cyclable le long de l’ancien rideau de fer. Il y a quelques semaines encore, j’étais en France pour participer à un congrès sur « Les Dissidents » avec ma première présentation en français.

SV : L’Allemagne a toujours, notamment en France, l’image d’un pays vert mais, la politique sur les transports, notamment les voitures, apparaît paradoxale. Comment l’expliquer ?

MC : Je suis exactement du même avis. L’industrie automobile allemande se met elle-même sur la touche car les voitures du futur seront d’un tout autre genre. L’Allemagne est toujours le seul pays sans limitation de vitesse, ce qui explique ces grosses voitures polluantes. C’est absurde. Les fabricants ne le voient toujours pas et ils reçoivent encore le soutien du gouvernement. L’Allemagne commet une faute en voulant sauver maintenant à tout prix les emplois actuels dans l’industrie automobile. En investissant mieux, de nouveaux emplois seront garantis dans le futur. Il y a deux défis à relever : celui de l’économie et celui de l’écologie. Si on tente de ne régler que le premier, alors nous sommes sûrs de perdre sur les deux tableaux.

SV : Qu’est-il possible de changer dans les transports en commun ?

MC : il faut mettre fin aux privilèges des compagnies aériennes. Pour les transports de fret par camions ou les transports de personnes par avion, les prix sont bien trop bas. Mais qui paye en réalité ? Les contribuables européens et le climat. Aujourd’hui, il est moins cher de prendre l’avion pour aller à Majorque que de prendre le taxi pour se rendre à l’aéroport. C’est complètement fou. La situation du train en Allemagne et en France sont différentes, ce qui fait que la SNCF est beaucoup moins cher que la Deutsche Bahn. Mais la France se concentre sur son TGV et délaisse ainsi ses lignes régionales par rapport à l’Allemagne.

SV : Pour suivre votre exemple, comment peut-on se déplacer pendant 30 ans sans voiture ?

MC : Berlin permet grâce à un excellent système de transports en commun de pouvoir le faire. Quand j’étais à la chambre des députés de Berlin, je parcourais les 9 km tous les jours en vélo. Je dois bien avouer que, depuis que je suis à Bruxelles, mon bilan écologique personnel est complètement sabordé. J’ai pris plus l’avion en cinq ans que dans toute ma vie auparavant. Mais toujours dans le cadre de ma fonction et j’ai toujours inscrit mes vols sur la plate-forme Atmosfair pour rembourser de ma poche l’équivalent des émissions de CO2.

Sébastien Vannier

Pour suivre les élections européennes au quotidien, et en français, c'est sur Electorallemand : http://blogs.lexpress.fr/electorallemand/P1000954.JPG

Les médias et l'Europe

Le blog Electorallemand suit pour le magazine français L'Express la campagne européenne en Allemagne. En coopération avec Café Babel dans le cadre du projet EU Debate 09, le blog de Café Babel Berlin reprendra certains articles d'Electorallemand. Aujourd'hui : Les médias et l'Europe

Y a-t-il des médias européens ? Quelle place pour l'Europe dans les médias ? Ce sont les questions que j'ai eu l'occasion de discuter vendredi dernier lors d'un camp pour jeunes journalistes organisé par la Jugendpresse Niedersachsen.

Pour planter le décor, nous sommes près de Schwengen, près de Loxstedt, pas loins de Bremerhaven, pas loin de Brême. Bref, dans la pampa comme on dit ici. Et c'est bien le but. La première "ville" (toute est une question de définition) est à 15 km. C'est, volontairement, le lieu qu'a choisi la Jugendpresse Niedersachsen (Basse-Saxe) pour planter ses tentes. Pendant quatre jours, une petite centaine de jeunes (16-24 ans) étaient invités à explorer le monde des médias.

C'est en tant que représentant de Café Babel en Allemagne que j'ai été invité à diriger une discussion sur le thème "Les médias et l'Europe". C'était ainsi l'occasion de présenter EUDebate 09, a plate-forme de Café Babel dans le cadre des élections européennes. Expérience très intéressante de pouvoir discuter directement avec ces jeunes ,de leurs attentes, de leurs habitudes. Quels médias européens peut-on citer ? Café Babel, évidemment :-) Euronews, peut-être ? ARTE ?

Quels sont les évènements proprement européens que l'on peut retrouver dans les médias de tous les pays ? Les élections européennes (enfin, espèrons) ? la Champions League de football ? L'Eurovision ?

Tous disent vouloir voir plus d'Europe dans les médias et se sentent prêts à aller regarder ce qui se passe chez les voisins, plutôt que de relire encore et encore toujours les mêmes sujets de leur presse nationale. Tout ceux en âge de voter promettent également de se rendre aux urnes le 7 juin.

Une bonne dose de motivation en tout cas pour continuer à se battre pour l'Europe et montrer que certains jeunes ne sont pas aussi découragés que ce que l'on pourrait lire ça ou là.

Sébastien Vannier

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"Si l'Europe veut, elle peut"

Le blog Electorallemand suit pour le magazine français L'Express la campagne européenne en Allemagne. En coopération avec Café Babel dans le cadre du projet EU Debate 09, le blog de Café Babel Berlin reprendra certains articles d'Electorallemand. Aujourd'hui : La Bavière et l'Europe

Si il n’est déjà pas facile de citer les candidats aux européennes dans son propre pays, cela devient mission impossible pour des candidats à l’étranger. Pourtant, pour élargir le débat et avoir un autre point de vue sur ces élections, rien de tel qu’un petit tour hors de nos frontières. A Berlin, par exemple, c’est Dagmar Roth-Behrendt qui portera les couleurs du parti socio-démocrate allemand (SPD). Députée à Bruxelles depuis 1989, cette Européenne convaincue, ancienne vice-présidente du Parlement européen, est une spécialiste des questions d’environnement de protection des consommateurs. Depuis quelques semaines, son visage s’affiche dans la rue de la capitale allemande. La campagne européenne est devenue son quotidien.




Sébastien Vannier : quelles sont les réussites dont vous êtes fière dans les quatre mandats que vous avez effectués au Parlement européen ?

Dagmar Roth-Behrendt : Chaque législature avait sa propre dynamique. Les plus grands succès sont ceux qui ont directement une influence positive sur la vie des gens. Que nous ayons de l’eau parfaitement propre par exemple, ce qui n’était pas le cas auparavant à Berlin. Ou un air plus pur ou encore le paquet sur l’environnement. Ce sont des avancées obtenues grâce au Parlement européen, souvent malgré la résistance des pays membres. En matière de protection des consommateurs, nous avons réalisé de petites révolutions mais les citoyens ne le savent que trop peu.

SV : Quelles sont vos motivations pour continuer dans cette voie ?

DRB : Je suis fière de certaines réussites et je souhaiterais pouvoir les continuer. Dans les pays qui viennent de rejoindre l’UE, des domaines comme l’environnement et la protection des consommateurs sont primordiaux. Nous devons leur transmettre le bilan que nous avons déjà atteint.

SV : Qu’est-ce que l’Europe peut parvenir à faire dans le domaine de la lutte contre le changement climatique ?

DRB : ceux qui ne veulent rien faire avancent l’argument : de toutes façons, tant que l’Inde et la Chine ne font rien, ça ne sert à rien. Ce n’est pas ma position. Je suis convaincue que, quand l’Europe veut, elle peut. Nous devons être ambitieux et strict et reconnaître qu’économie et écologie sont compatibles.

SV : Qu’en est-il de la question du nucléaire ?

DRB : Je suis convaincue, comme mon parti, et comme la position officielle de l’Allemagne, que nous devons sortir du nucléaire. Cela reste, de toutes façons, une décision de chaque pays. Mais ceux qui produisent du nucléaire devraient enfin internaliser les coûts externes qui sont énormes. Le nucléaire deviendrait tout de suite moins intéressant.

SV : le lancement de la campagne du SPD, avec des affiches attaquant les autres partis, a été très remarqué. Vous approuvez cette stratégie ?

DRB : Une affiche électorale est là pour éveiller l’attention. Je ne les ai découverts qu’au moment de la publication. Mais je les trouve excellentes. Elle montre ce pour quoi nous ne sommes pas. Ma préférée : « Les requins de la finance voteraient pour la FDP (libéraux) ».

SV : Ne manque-t-il pas le programme du SPD dans cette negative campaign ?

DRB : en lisant bien, vous pouvez lire notre mot d’ordre : la politique sociale. Nous voulons une Europe sociale, une Europe écologique et plus de solidarité. Le social, c’est ce qui manque à l’Europe et Barosso et sa commission nous ont fait reculer dans ce domaine.

SV : assistons-nous en Allemagne à une campagne strictement nationale ?

DRB : les campagnes sont toujours orientées vers la propre population. Mais nos revendications sont européennes. Quand nous critiquons les autres partis, c’est sur leur comportement au Parlement européen.

SV : vous avez débuté au Parlement européen il y a 20 ans, quelle votre vision pour l’Union Européenne dans 20 ans ?

DRB : nous travaillerons de manière plus efficace et plus structurée. Le Parlement comptera moins de députés, ce qui impliquera un problème de représentation. L’UE s’élargira mais je ne veux pas me lancer dans un pronostic pour la Turquie. Cela ne tient pas seulement au fait que des pays comme la France voudront déterminer par référendum cet élargissement. Cela tiendra à la volonté de la Turquie d’effectuer les changements nécessaires à l’adhésion à l’Union. Peut-être ne voudront-ils plus accepter les conditions actuelles. Si la Turquie respecte ces critères d’adhésion, alors le pays aura beaucoup changé d’ici à 2029.

Sébastien Vannier

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La Bavière et l'Europe

Le blog Electorallemand suit pour le magazine français L'Express la campagne européenne en Allemagne. En coopération avec Café Babel dans le cadre du projet EU Debate 09, le blog de Café Babel Berlin reprendra certains articles d'Electorallemand. Aujourd'hui : La Bavière et l'Europe

Une étude sur la situation de la pauvreté en Europe publiée il y a peu confirme les attentes : du vert au Sud et du rouge à l'Est. Le Bade-Wurttemberg et la Bavière sont, de loin, les régions les plus riches d'Allemagne. Dans bien des domaines, la Bavière, du fait de son rattachement tardif à l'Allemagne, possède une position très particulière en Allemagne.

Les spécificités bavaroises se ressentent encore aujourd'hui. Au-delà des clichés (non, la Bavière ne se résume pas à bière + bretzel + le Bayern München de Frank Ribéry), la Bavière est une des régions les plus riches, les plus touristiques et les plus dynamiques d'Allemagne. Cette situation ainsi que certaines certaines prises de position parfois arrogantes font que cette région est parfois assez éloignée du reste de l'Allemagne et ne laisse personne indifférent.

Ces particularités se retrouvent au niveau politique. Ainsi, historiquement, la région est archi-dominée par la CSU (union chrétienne-sociale), branche bavaroise de la CDU dont les grands noms Strauss ou Stoiber ont également tenté de se présenter - en vain - à la chancellerie. Jusqu'alors, seuls quelques petits bastions comme Munich ou Eichstätt résistaient à ce monopole. Pour les élections européennes, la CSU, qui est un parti exclusivement bavarois, mise donc sur une seule région pour atteindre la barre des 5% au niveau national. Un pari jusqu'alors mathématiquement atteignable vu les scores locaux dans une des régions les plus peuplées d'Allemagne.

Mais voilà, la CSU n'a atteint que 43,4% lors des dernières élections régionales fin 2008 et doit ainsi composer avec la FDP pour établir une coalition. Un score qui serait encore suffisant pour les européennes mais la marge de sécurité devient faible. Dans le programme de le CSU, un slogan simple : défendre la position de la Bavière en Europe. A noter qu'un autre parti bavarois (nommé sobrement le parti bavarois) candidate aux européennes.

A Bruxelles, la Bavière ne passe pas inaperçue non plus. Alors que beaucoup de régions françaises se battent pour un bureau, la représentation bavaroise se trouve en effet dans un château (rien que ça) à deux pas du Parlement. Le château serait sans aucun doute en émoi si la CSU ne réussissait pas son pari. Ce sera l'un des enjeux du 7 juin.

Sébastien Vannier

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Le PSG et le Parti des pirates candidats en Allemagne

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Comme en France, les élections européennes sont l’occasion en Allemagne de (re) découvrir des « petits » partis que l’on n’a pas l’habitude de voir sur la scène politique. Le mot du jour est donc « Splitterparteien » - les petits partis - que l’on retrouve en nombre parmi les 32 groupes officiellement candidats aux européennes.

« Splitterparteien » - Les éclats de parti, si on essaye de traduire littéralement. Les « petits » partis avec des guillemets pour ne vexer personne donc. La règle en Allemagne est assez simple puisqu’une grande partie des élections (dont les européennes) prennent en compte la règle des 5% pour être représentés. Ceux qui ne dépassent pas ce score ne peuvent donc avoir aucun élu. Parmi les partis traditionnels allemands, on retrouve CDU (chrétien-démocrate), SPD (social-démocrate) et FDP (libéraux). Les Verts (Grünen) sont désormais établis sans contestation surtout depuis leur participation au gouvernement Schröder de 1998 à 2005. Mais ce paysage n’est pas figé puisqu’un cinquième parti s’installe lentement mais sûrement : Die Linke – le parti de gauche. Issu de la fusion entre les parti PDS (installé à l’Est) et WASG (déçus de la SPD, à l’Ouest), Die Linke a, en plus des Länder de l’Est où elle est incontournable, régulièrement passé cette barre des 5% dans les dernières élections régionales à l’Ouest. Ces cinq partis sont déjà présents au Parlement européen.

La CSU (union sociale-démocrate) est un cas atypique. Il s’agit de la branche bavaroise de la CDU. Lors de ces élections européennes, la CSU prend donc le pari risqué de décrocher cette barre des 5% au niveau national en misant sur une seule région. Avec des scores de 60%, cela passait. Mais la CSU est redescendue à 43% lors des dernières élections régionales à l’automne dernier et n'a donc plus qu'une marge étroite pour continuer à être représentée à Bruxelles.

Le reste des 32 partis politiques présents aux élections européennes peut donc être considéré comme des « Splitterparteien ». Certains ne sont pas inconnus, comme Die Republikaner, parti d’extrême-droite ou encore les Freie Wähler – les électeurs libres. Ceux-ci avaient crée la surprise en obtenant 10% lors des dernières élections en Bavière grâce à la sulfureuse Gabriele Pauli. Leur ancrage dans la majorité des régions leur fait espérer dépasser cette barre des 5%.

Pour le reste, il n’y a que l’embarras du choix : pas de Libertas à l'horizon, mais quand même le parti féministe Les Femmes, Les Violettes pour une politique spirituelle et le parti des chrétiens fidèles à la Bible. On comptera quatre partis pour les seniors ainsi que le fameux PSG. Non, l’équipe de football parisienne ne s’engage pas en politique, il s’agit plutôt du Partei für Soziale Gleicheit (parti pour l'égalité sociale). Si le parti des pirates est bien présent, beaucoup d’électeurs seront déçus : le parti du Pogo n’a pas réussi à obtenir le nombre nécessaire de signatures !

Sébastien Vannier

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Des Yamakasi au secours de l'Europe

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Ce n’est pas nouveau, les jeunes sont la cible principale de la campagne de communication pour la campagne européenne. L’Allemagne et Berlin ne dérogent pas à la règle surtout au vu des chiffres de 2004 où moins de 40% de Berlinois s’étaient rendus aux urnes et à peine plus d’un quart pour la région du Brandebourg. Les 18-24 ans font donc l’objet de toutes les attentions. La Commission européenne a ainsi décidé de diffuser plusieurs spots sur la chaîne musicale MTV avec le slogan « Ohé l'Europe, tu m’entends ». A Berlin a également été présentée il y a deux semaines la campagne « Euro Wahlgang 09 » qui tournera dans près de 80 écoles en Allemagne pour convaincre les plus jeunes électeurs (18-20 ans) de ne pas manquer ce premier scrutin.

Dans la même optique, il est indispensable de présenter le clip initié par le Sénat de Berlin, en collaboration avec la représentation de la Commission et l’association Bürger Europas e.V. Ce clip présente deux jeunes Berlinois qui, à la manière des Yamakasi (ou plutôt du genre Parkour), traverse la ville en quatrième vitesse en grimpant sur toutes les structures urbaines qui ont le malheur de se présenter sur leur chemin. Ça va vite très vite, mais ceux qui connaissent la ville s’amuseront à reconnaître les différents éléments architecturaux comme la Fernsehturm évidemment. Ligne d’arrivée de cette course infernale : le bureau de vote évidemment, de la mairie de Berlin avec l’annonce du slogan « Du bestimmst deinen Weg » - c’est toi qui décide la voie à suivre.

Ce mini-film percutant devrait être diffusé dans les métros berlinois dans les semaines précédant le scrutin. Avis quand même pour les plus jeunes : faire un triple salto, sans les mains et les yeux fermés en escaladant la Fernsehturm peut nuire gravement à la santé.

Sébastien Vannier

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Le mot du jour : Superwahljahr

__Le blog Electorallemand suit pour le magazine français L'Express la campagne européenne en Allemagne. En coopération avec Café Babel dans le cadre du projet EU Debate 09, le blog de Café Babel Berlin reprendra certains articles d'Electorallemand. Aujourd'hui : "Le mot du jour : Superwahljahr"__

Pour bien comprendre le contexte des élections européennes en Allemagne, il est indispensable de se soumettre à quelques petits exercices linguistiques. Ainsi, le terme « Superwahljahr » est un des termes qui revient le plus souvent pour parler des élections européennes outre-Rhin. Mais qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?

Ceux qui ont suivi quelques cours d’allemand le savent bien : pour construire un mot dans la langue de Goethe, ce n’est pas compliqué, il suffit de prendre plusieurs mots et de les mettre ensemble dans un ordre à peu près correct. Prenons un exemple connu « Armbanduhr ». Littéralement, l’heure qu’on met en bracelet autour du bras. Ou plus simplement : une montre. Tentons l’expérience avec le mot du jour : « Superwahljahr ». Super comme super, jusque-là tout va bien, Wahl comme le choix, le vote, Jahr comme l’année. Maintenant, il faut les mettre dans l’ordre : Le vote de la super année ? Pas loin. Non, il s’agit en fait de la super année électorale.

Pour illustrer cet exercice de grammaire, rien de tel qu’une petite équation de maths : Soit en 1 année, 5 élections régionales, 8 élections communales, 1 élection présidentielle (qu’on comptera ½ car vote indirect), 1 élection parlementaire et 1 élection européenne. Quel sera, en pourcentage évidemment, le taux de participation au vote du 7 juin ?

C’est cette équation très sérieuse que la classe politique allemande tente de résoudre dans cette campagne européenne qui démarre à peine. Comment motiver les électeurs alors que tous ont les yeux rivés sur les législatives ? Celles-ci se dérouleront en septembre et déjà, les deux grands partis qui composent l’actuelle grande coalition, les chrétiens-démocrates (CDU/CSU) et les socio-démocrates (SPD), profitent de toutes les occasions pour se taper dessus. Si les troupes de la chancelière Angela Merkel devancent pour l’instant celles de son vice-chancelier et ministre des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, le jeu des coalitions laisse beaucoup de perspectives ouvertes.

Et l’Europe dans tout ça ? L’Allemagne ne devrait théoriquement pas manquer d’arguments pour motiver ses électeurs. Après tout, c’est elle qui envoie le plus de députés au Parlement (99). C’est elle qui compte dans ses rangs le président du Parlement Hans-Gert Pöttering, présent depuis 1979 et qui est tête de liste de la liste CDU. C’est elle, enfin, qui possède le président du groupe du parti socialiste européen, Martin Schulz qui lui, dirigera la bataille pour le SPD. A eux de trouver la solution aux équations de maths et aux exercices de grammaire.

Sébastien Vannier

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Le Festival de cinéma juif de Berlin

de Geneviève Schetagne

En mai se tient la 15ième Edition du Festival de cinéma juif de Berlin. Un condensé du meilleur cinéma juif et israélien : 23 films, en provenance d’horizons diverses, choisis avec passion pour le bonheur du public local. Cette année, l’accent est mis sur la production française, grâce à Hello Goodbye de Graham Guit (avec Gérard Depardieu et Fanny Ardant), Plus tard, tu comprendras d’Amos Gitaï, Le chant des mariés de Karin Albou et Comme ton père de Marco Carmel. Un autre film francophone, de Belgique, Modus Operandi (Hugues Lanneau) documente l’histoire moins connue de la déportation des juifs Belges. Autre moment fort : dans The Gift to Stalin (Rustem Abdrashitov), un employé du chemin de fer musulman sauve la vie d’un enfant juif, victime des déportations ethniques de Staline. C’est aussi la dernière chance de revoir sur grand écran Waltz with Bashir (Ari Folman).

Kino Arsenal  
du 4 au 14 mai, 6,50€

Filmmuseum Potsdam  
du 15 au 17 mai, 3,50-4,50€

Films en VOST (all. et ang.)

www.jffb.de

Article paru dans l'édition du mois de mai de Berlin Poche.



« L’utopie appelée UE » - Daniel Cohn-Bendit à Berlin

La Tageszeitung fêtait ce week-end ses trente ans d’existence. La Tageszeitung est peut-être un titre qui ne dira rien au public français mais c’est un des journaux incontournables sur la scène politique allemande. Clairement ancrée à gauche, la TAZ, c’est son petit nom, est un peu le poil à gratter des journaux allemands. Pas étonnant donc, pour les 30 ans du journal, de retrouver le slogan : « Liberté – Utopie » et des thèmes tel que le changement climatique, les droits de l’homme, l’égalité des sexes, les nouvelles technologies, etc. Pas vraiment étonnant non plus de retrouver Daniel Cohn-Bendit en tête d’affiche de ce congrès. Le co-président du groupe Verts au Parlement européen est bien connu du milieu politique berlinois et il est en campagne électorale en vue des prochaines élections européennes le 7 juin. Deux bonnes raisons de le voir prendre place dans ce « café global » entre Daniela Weingärtner et Barbara Oertel, correspondantes de la rubrique Europe de la TAZ sur le thème « L’utopie appelée EU – Gloire et misère de la démocratie européenne ».

Pendant plus d’une heure, celui qui fut « Dany le Rouge », a donc défendu sa vision de l’Europe, toujours passionné et motivé et n’a pas hésité à tirer sur ses concurrents, en France et en Allemagne. Cela passe évidemment par une définition personnelle de ce qu’est l’Europe. Daniel Cohn-Bendit rappelle ainsi que l’Europe « s’est construite sur les catastrophes européennes : la guerre, le totalitarisme. Puis l’Europe, c’est d’abord le rêve du Rhin. Que celui-ci ne soit plus une frontière mais un pont. S’en suit le rêve de l’Oder et l’ouverture vers l’Est. L’Europe c’est un rêve démocratique avec ses problèmes et ses contradictions. Ce qu’il reste à faire, c’est l’Europe sociale et écologique ».

Pour rester concret et s’intéresser aux prochaines échéances électorales, la tête de liste d’Europe-Ecologie en France se défend ainsi contre l’idée que le Parlement européen serait « un lot de consolation » pour les hommes politiques. « Beaucoup de députés trouvent l’Europe plus intéressante. Parce qu’il y a plus à dire. Il n’y a pas de majorité claire au Parlement, donc chacun a droit à la parole et il y a plus à faire. Ce n’est pas comme en France ou en Allemagne où les majorités sont clairement déterminées. Sur le thème de la lutte contre les trafics de drogue, par exemple, les Verts français et allemands sont plus près des conservateurs néerlandais que des Verts suédois ». Ainsi, les Verts proposent des listes transnationales, dont les têtes de listes choisiraient ensuite le Président de la Commission. « Ainsi, ces têtes de liste devraient faire campagne dans toute l’Europe. Cela rendrait la politique européenne plus dramatique. Comme c’est le cas pour savoir qui sera Bundeskanzler en Allemagne ou Président de la République en France ».

En ce qui concerne l’élargissement de l’UE, Daniel Cohn-Bendit se veut clair : « L’idée de l’UE comme une forteresse est un mensonge. L’UE a été construite comme une maison sans porte donc les gens tentent de passer par la fenêtre. Alors qu’une porte permettrait de choisir si l’on veut ouvrir ou non. Pour les Balkans, par exemple, qui ont vécu une situation complètement folle, il faut dire qu’à la fin du processus de transformation, il y a l’Europe ». Espérons qu’avec ce discours, le candidat des Verts aura motivé les Berlinois à se rendre aux urnes le 7 juin.

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