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Quand la guerre se met au vert – Visite à l’aéroport de Gatow

par Christiane Lötsch - traduction Sébastien Vannier

Deuxième épisode de notre série sur les aéroports berlinois.

Les aéroports berlinois constituent toujours le terminus d’une ligne de U-Bahn ou de S-Bahn et ne sont pas, par principe, à moins d’une heure de trajet. C’est ce que Sébastien nous appris lors de la première partie de notre série sur les aéroports berlinois. Même en tant que vraie Berlinoise, je ne pouvais pas dire où se trouve exactement Gatow. Quelque part à l’Ouest en tout cas et comme on dit ici, Jott Wee Dee (dans la pampa). Un petit clic sur le site des transports berlinois me donne une première indication : A la fin du métro U7 puis encore 20 minutes de trajet avec le bus à travers les champs de Kladow.

Un aéroport à Gatow ? J’ai d’abord cru à une blague. Mais un ami m’a assuré que, quand on part de Tegel en direction du Sud, on peut voir une étrange tâche vide au milieu de nulle part. Ce n’est pas la première fois qu’on verrait quelque chose d’étrange à Berlin, mais restons en aux faits : Le régime national-socialiste a compris l’aéroport de Gatow en 1935, Hitler l’a inauguré personnellement et l’utilisait régulièrement pour ses vols vers Berchtesgaden.

Nach dem Zweiten Weltkrieg tauschten die Russen den Flughafen gegen andere Gebiete mit den Briten, die dem Ort den klingenden und vollkommen übertriebenen Namen „Royal Airforce Gatow“ gaben. Während der Luftbrücke 1948 brachten die britischen Alliierten über Gatow bis zu tausend Tonnen Lebensmittel pro Tag in die Stadt. 1994 zogen die Alliierten aus Berlin ab – der Flugplatz wurde geschlossen.

Après la Seconde Guerre mondiale, les Russes ont échangé l’aéroport avec les Anglais contre un autre territoire. Ceux-ci ont donné lieu le titre clinquant et complètement exagéré de « Royal Airforce Gatow ». Pendant le pont aérien de 1948, les alliés britanniques ont fait transporté vers Gatow des dizaines de tonnes de nourritures par jour. En 1994, les Alliés se sont retirés de Berlin, l’aéroport a été fermé.

Et aujourd’hui ? En ce dimanche après-midi, glacial mais ensoleillé, les habitants des maisons du coin sont de sortie et profitent des larges pistes pour faire du roller ou du skate . Il ne manque plus que les cerf-volants de toutes les couleurs et les joueurs de foot et je pourrais croire que je suis à Tempelhof. Mais en fait non, un détail important fait la différence.

Sur les pistes apparaissent bucoliquement des systèmes de défense anti-missiles à côté d’avions de combat de tout genre. Ce qui a le don de réaliser les rêves d’enfants de mes accompagnateurs (masculins). Leurs noms assez indéchiffrables comme MIG, SUCHOI ou encore MIL-MI rappellent qu’ils viennent de Russie. Dans le hall 7, le musée de l’armée de l’air montre leurs histoires, dès débuts à aujourd’hui. Et je me demande comment la Bundeswehr fait pour obtenir autant de place dans le seul but de son auto-admiration. Nous avons même droit à un soldat, prêt à répondre aux questions des visiteurs sur les « les mesures de représailles » et sur « l’équilibre de la terreur ».

Je ne me sens pas vraiment bien. Les hélicoptères, les bombes de chasses ou les anti-missiles ont peut-être l’air mignons à la lumière du soleil en cet après-midi, ils n’en ont pas moins été mortels lorsqu’ils étaient encore en service. Mais de cela, pas de trace dans l’exposition. Notre escapade bucolique de ce dimanche après-midi touche à sa fin.

Plaidoyer égoïste pour le maintien de Tegel

Sébastien Vannier

L’aéroport berlinois de Tegel va fermer. C’est nul. Mais mon petit plaidoyer subjectif et dénué de toute justification raisonnable pourra-t-il provoquer un revirement de situation ? Rien n’est moins sûr.

Le 2 juin arrive. Tous les jours un peu plus vite. Pas que j’étais pas informé, mais c’est comme ça, je ne m’y fais pas. Ce jour-là, cette nuit-là pour être précis, l’aéroport de Tegel va fermer ses portes coulissantes. Ça me fait particulièrement ch… et je vais vous dire pourquoi.

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Foto: Günter Wicker (Photur), Berliner Flughäfen, 2008

D’abord, parce que c’est la première chose que j’ai vu de Berlin lors de ma première visite. C’était une époque où j’étais jeune. Où la France était championne du monde de foot et où la gauche était au gouvernement en France et en Allemagne (ouais, ouais, j’en vois déjà qui calculent. Ça fait loin, c’est tout). Pas que je sois nostalgique, mais quand même, c’était ma première fois. A Berlin.

GD pour Grand Deux : Tegel, c’est mon aéroport. On oublie Tempelhof que je n’ai jamais vraiment connu qu’une fois hors service. Moi, ich bin ein Weddinger. Wedding (prononcer védïng), c’est le quartier pas boboisé du Nord de la ville. Donc, les avions, j’en vois passer une palanquée par jour. En me penchant un peu, je pourrais dire si le mec à la cravate du 23F a pris un gâteau sucré ou salé. Si la concordance des temps et du trafic est à son optimum, il me faut 18 minutes, record à battre, pour aller à l’aéroport. Quand tu es à la bourre pour partir (pfff, moi, jamais !), ou complètement crevé pour revenir, c’est quand même assez génial. Et non, mes murs et mes tympans ne sont pas fissurés par le bruit.

PT pour Point Three : Tegel est un aéroport à taille humaine. ça veut rien dire, mais je le dis quand même. Pas d’interminables couloirs (je vise personne, suivez mon regard) pour rejoindre le Hall 2D et le Hall 2F qu’est en théorie juste à côté. Pas des heures d’attente pour avoir des sueurs froides que ton bagage, il arrive pas. Q pour quatrièmement : en plus, c’est quand même l’aéroport français de Berlin, Tegel. Je suis pas nationaliste pour un sou, mais quand tu vas chercher des potes français et que tu passes en bus devant la « Rue Aristide Briand » ou le cinéma « L’Aiglon », ca facilite la transition quand même. Pas comme l’autre aéroport où la première affiche que tu vois, c’est « kriminelle Ausländer, raus ! ».

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Foto: Günter Wicker (Photur), Berliner Flughäfen, 2008

On y arrive à l’autre aéroport. Parce que c’est bien beau de faire une éloge complètement subjective sans avancer un seul argument raisonnablement potable, mais autant continuer en tapant gratuitement et toujours sans preuve qui tienne la route sur le dos des adversaires.

Schönefeld ? Une blague, vous dis-je. D’abord, Schönefeld, c’est le terminus d’un S-Bahn. Et ceux qui connaissent Berlin comprendront : le terminus d’un S-Bahn, c’est la fin du monde. Comme Erkner. Ou Heningsdorf. Des noms qui sonnent comme des légendes urbaines. Tout le monde connaît parce que c’est marqué sur les panneaux dans les gares, mais personne n’y ai jamais vraiment allé. Donc Schönefeld, c’est au bout du monde. Surtout quand tu viens de Wedding. Si tu as une concordance des temps et du trafic sub-optimal, c’est 1h45 de trajet. Et quand tu as fait cette expérience paranormale de mettre plus de temps pour faire Berlin-Berlin que Paris-Berlin, tu entres dans une profonde dépression spatio-temporelle. Puis, moi, je dis « quand le trafic marche bien ». Ca, c’est une question de définition. Parce que pour aller à Schönefeld, on sait qu’il va y avoir une embûche. Un petit Pendelverkehr de derrière les fagots. Un câble volé sur la voie. Bref, la vie normale du S-Bahn.

Vous rigolez, mais imaginez la situation : Visite venue de France. Avion d’une compagnie à bas prix dont je ne citerais pas le nom. Donc, horaires pourris. Disons, arrivée à 22H40 à Berlin. Retard compris (quoi, quel retard, mais non), 23h15. « Dis, tu viens me chercher ? ». Vous faites 3h de trajet, le S-Bahn est en panne et en grève, le U-Bahn, c’est arrêté, vous vous prenez un double-Ersatzverkehr en ippon dans les gencives et en plus, il pleut. Vous passez un week-end de merde car vous avez pas dormi, vous avez attrapé la crève à attendre le bus et vous rayez votre ami de votre liste Facebook. Et oui, c’est ça la réalité brutale de Schönefeld. Quoi, j’exagère ?

SXFLowCost_alternative.jpg Günter Wicker (Photur), Berliner Flughäfen, 2006

Et puis, vous y croyez vraiment que ce sera prêt le 3 juin, vous ? Moi non, mais de toutes façons, je suis de mauvaise foi, vous l’aurez compris. Parce que c’est Berlin, parce que c’est Schönefeld, ça va foirer, je vous le dis. La piste sera trop courte, les escalators trop raides, les sièges trop lounge et la tour de contrôle trop de travers, les portiques de sécurité pas assez larges. Bref, je le sens.

Et puis quoi ? Qu’est-ce qu’on fera d’un nouvel aéroport vide, nous ? Du cerf-volant en roller ? Du char à voile électrique ? Des élevages de rennes domestiques ? Un terrain de yogging (c’est du yoga-jogging) ?

Donc, les gars, déconnez pas, je suis sûr qu’on peut s’arranger. Jusqu’au 2 juin, on pourra bien trouver une solution. Allez, je vous offre 100 Miles Air Berlin et on oublie tout.

Il était une fois… les marionnettes à Berlin

de Marina Skalova


Divertissement populaire, outil de propagande nazie ou support d’expression subversif : l’histoire des marionnettes aux couleurs bariolées qui égayent nos hivers berlinois en dit beaucoup sur le passé de la ville.



À l’origine, il y a le Kasper, l’équiva­lent du Guignol de Mourguet. Une figurine satirico-comique au long bon­net rouge et à la robe d’Arlequin, qui sillonne les routes de Prusse dès la fin du 18e siècle, des histoires abraca­dabrantes sur le bout des lèvres. Les saynètes pleines d’humour où il appa­raît acquièrent une portée pédago­gique avec la création du Hohnsteiner Puppentheater, initié par Max Jacob, dès 1921. Pendant plusieurs années d’intense création, ce théâtre porte le personnage à son apogée, notam­ment en le représentant sur le grand écran, dans Der betrogene Räuber.


Mais cela n'empêchera pas par la suite son déclin. En croisade pour l’ordre et la morale, la marionnette de Jacob devient l’un des média privilégiés de la propagande nazie. Au premier rang de toutes les fêtes officielles du NSDAP, elle est savamment utilisée à des fins idéologiques. Après la guerre, le tour­nant est radical. Accusés de compro­mission, les forains subissent une véri­table purge. En RFA, les marionnettes disparaissent alors de la scène.


Mais de l’autre côté du Mur, un vent venu de l’Est leur donne un souffle nou­veau. « En RDA, nos modèles venaient d’URSS, où le savoir-faire des marion­nettistes était pleinement reconnu. Une importante variété de formes créatives en a découlé », se souvient Hans-Jochen Menzel, directeur du dé­partement de marionnettes à la Ernst-Busch-Schule de Berlin, créé en Alle­magne de l’Est en 1971. « Nous avions un espace de liberté artistique impor­tant en RDA, mais en même temps, la censure était omniprésente », retrace-t-il. « C’était un peu un jeu de contour­ner, d’esquiver. La marionnette permet de dire différemment certaines choses, c’est ce que je trouve passionnant. » Le bonhomme de bois pour parer la langue de bois, en somme.


Ainsi font, font, font…

Interview et traduction de l’allemand | Camille Montagne et Elisabeth Perron

Selon George Sand, « les marionnettes n’amusent que les enfants et les gens d’esprit ». Silvia Brendenal, la directrice de l’incontournable institution de la marionnette qu’est la Schaubude, partage cet avis. Elle a surmonté avec succès les fêtes de fin d’année, durant lesquelles sa salle était tou-jours pleine : « comme si les parents se souvenaient qu’ils avaient des enfants ! ». Petit saut dans cet univers aussi éclectique que passionnant !


BP : Comment se créent les spectacles, comment les choisissez-vous ?


Silvia Brendenal : Certains artistes partent d’une marionnette pour créer une histoire, d’autres ont d’abord une idée puis construisent leurs marionnettes. Il n’existe pas de répertoire : nous sommes un théâtre de programmation. En ce sens, nous essayons d’avoir des créations diverses avec des troupes berlinoises, des festivals et des échanges avec d’autres pays.


Pouvez-vous nous expliquer les particularités des différents publics enfants et adultes ?


Les spectacles sont porteurs de messages plus ou moins explicites ; adultes et enfants peuvent s’enthousiasmer ensemble. Certaines pièces ne sont pas adaptées aux plus petits, mais il faut du haut niveau pour capter leur attention : c’est le public le plus difficile ! C’est une grande responsabilité car c’est souvent leur première expérience théâtrale.


Les marionnettes se rapprochent- elles du théâtre ?


Il y a des écoles de marionnettes comme la Ernst Busch qui a développé un cursus pour cette spécialité. Souvent visibles sur scène, les artistes se mélangent voire s’effacent derrière l’objet qui est le medium de l’expression. Les artistes sont humbles mais ils s’occupent de leur création de A à Z et animent eux-mêmes personnages, décors, musique et lumières ! Mon combat est de faire reconnaître la marionnette comme un art à part entière !


SCHAUBUDE GREIFSWALDER STR.81-84 FRÜHSTÜCK SPRELACART LES 27 ET 28 JAN | 20H | 7-10,50€


www.schaubude-berlin.de





L’essentiel « marionnettes » en janvier

L’historique : Das Puppentheater-Museum


Le musée de la marionnette de Berlin, installé depuis 16 ans dans la Karl Marx Str., propose diff érentes activités pour petits et grands. Les marionnettes exposées changent régulièrement, vous pourrez les découvrir à la lumière du jour ou dans le noir à la lampe de poche. Vous y trouverez un cinéma offrant un panel de films de marionnettes et ses spectacles : ce mois-ci au programme, Frau Holle des frères Grimm.


KARL MARX STR. 135 | U7 KARL MARX STR. www.puppentheater-museum.de FRAU HOLLE LES 19, 24, 26 JAN | 10H | 22 ET 29 | 16H | 3,70-5€ VISITE À LA LAMPE DE POCHE LES 6 ET 13 | 10H | 3-3,50€ (SUR RÉSERVATION) LANGE NACHT DER MUSEEN 28 JAN | 18-2H


Le formateur : Die Ernst Busch Schule au Maxim Gorki Theater


L’école Ernst Busch vous propose dès janvier, DER UNMENSCHLICHE MON- TAG. "Alles nur aus Liebe. Die totale Telenovela" Folge 1 au Maxim Gorki Theater. Jonas Knecht, enseignant à l’école, met en scène élèves et professeurs. Une réflexion sur l’humanité à travers la marionnette…


MAXIM GORKI THEATER AM FESTUNGSGRABEN 2 | S HACKESCHER MARKT LES 16 ET 23 JAN | 20H15


L’incontournable : Die Schaubude


La référence berlinoise propose notamment un festival en septembre et cette année, pour les 40 ans de la Ernst Busch Schule, des spectacles des élèves en juin. En janvier : Frühstück Sprelacart, entre clowns et marionnettes. Dans un décor de laine et de dentelle, nous assistons à un petit-déj’ relevant de l’absurde avec M. Hirche et O. Dassing ! (cf page précédente)


L’enfantin : FEZ


Le plus gros centre européen pour les enfants, les jeunes et la famille vous accueille au coeur du Waldpark. Kukla und die schöne Wassilissa est un conte sur le courage et la confiance en soi. Wassilissa est confrontée à des demi-soeurs cruelles qui l’abandonnent dans les bois, où elle est amenée à rencontrer l’affreuse sorcière Baba Yaga…


AN DER WUHLHEIDE 197 | S3 WUHLHEIDE www.fez-berlin.de KUKLA UND DIE SCHÖNE WASSILISSA 7 JAN | 14H30 + 16H | 8 JAN | 14H30 + 16H30


L’alternatif : Das Helmi


Projet fou monté par deux amis, Das Helmi se produit au Ballhaus Ost. Leurs productions naissent toujours d’idées originales, fruit d’un travail collectif, telles que l’adaptati on du film Léon de Luc Besson (le 12 à 20h) et Sexmission (les 13 et 14). Davantage pour adultes ! www.das-helmi.de


Articles publiés dans le numéro de janvier de Berlin Poche.

« Quoi ?! En Pologne ?? »

Depuis quelques mois, la capitale allemande semble danser au rythme de la polonaise. Et pour cause, les vingt ans du partenariat Berlin – Varsovie sont l'occasion d'une abondance d'événements culturels : une exposition compare l'héritage architectural communiste des deux villes, une autre retrace l'histoire commune des deux pays à travers leurs oeuvres d'art, un festival de jazz réunit des musiciens des deux rives de l'Oder. Intéressant, enrichissant et certainement nécessaire, car pour une grande partie des Allemands la Pologne reste, malgré les liens historiques, une terra incognita.


Une petite anecdote pour vous donner une idée. Pour une raison ou une autre, je me suis retrouvé à louer un véhicule pour me rendre à Varsovie depuis Berlin. Je passe donc à Kreuzberg chez le fameux loueur au phoque bleue (chut, chut, pas de marque). Une bonne dame s'occupe de moi. Je choisis le forfait 3 jours et plus de 1000 kilomètres. Jusque là tout va bien.


- « Et vous désirez vous rendre où » me demande-t-elle.


- « En Pologne »


- « Quoi ?! En Pologne ?? Ah mais ca ne va pas être possible! »


Elle réagit comme si je lui parlait de la planète Mars. Il faut dire que, de Berlin, la Pologne est à une distance galactique de... 103 kilomètres. Je dois probablement être le premier hurluberlu qui veut s'y perdre avec une de ses voitures. Elle devait se dire que je voulais déménager chez les Souabes...


Mais ma petite dame s'explique. « Notre assurance ne couvre pas la Pologne. » Ni les autres pays de l'Est d'ailleurs. Il faut quand même rappeler que la Pologne est dans l'UE, dans l'espace Schengen depuis 2008 et, je le répète, à une heure de route de la capitale allemande. Par contre, elle n'aurait rien trouvé à redire à ce que je me rende en France... Peut-être que les voitures partant en Pologne reviennent moins souvent que celle partant en France, ce qui reste à prouver. Alors augmentez la prime d'assurance mais ne m'interdisez pas de m'y rendre ! Cela dit, pour la demande apparemment si négligeable, ce ne serait que du temps perdu pour le loueur au phoque bleu !



Ô Pologne, comme tu me sembles exotique et lointaine, dès que l'on s'éloigne de la stratosphère glamoureuse.


Photo (c) wdr5.de

Gentlemen hackers, pour vous servir

Repaire des hackers germanophones, le Chaos Computer Club s'engage depuis trente ans pour un accès libre à l'information, le respect des libertés individuelles sur Internet et une certaine vision de la cyberculture. Dernier succès en date : avoir démasqué un programme d'espionnage illégal de la police judiciaire bavaroise en octobre dernier.



Fondé en septembre 1981 dans les locaux berlinois de la taz, alors que seule une poignée d'initiés pouvait se targuer de connaître Internet, le CCC* défraye vite la chronique. En 1984, un membre du Club parvient à s'infiltrer dans les ordinateurs de la Sparkasse de Hambourg pour y manipuler les comptes... et s'allouer la modique somme de 135 000 DM, qu'il rendra une fois l'affaire rendue publique. Deux ans plus tard, des hackers d'Allemagne du Nord, dont certains membres du CCC, passent au niveau supérieur. Ils piratent les ordinateurs de la NASA et revendent une partie de leurs trouvailles au KGB.



Ces jeunes virtuoses décalés, souvent autodidactes, entrent ainsi dans la légende. Mais leur dérive intéressée laisse le majorité du Club dubitatif. Depuis, les activités des membres doivent rigoureusement servir le bien commun et respecter l' « éthique du hacker » théorisée par Steven Levy dans son « Hackers: Heroes of the Computer Revolution », publié en 1984


.

Le CCC et ses 2 500 membres sont ainsi parvenus à démontrer la vulnérabilité des puces de téléphones portables ou des machines de vote électronique. A l'ère du tout-numérique, ils ont fait de la sécurité informatique une question de société inévitable, ce qui n'est probablement pas étranger au récent succès du Parti Pirate aux élections berlinoises.


* Qui a dit Comité Contre les Chats ?!


Pour en savoir plus, rendez-vous au Chaos Communication Congress, l'événement annuel du CCC réunissant hackers, scientifiques, artistes et utopistes, du 27 au 30 décembre. Encore un peu de patience !



Photo : un pochoir du CCC. La campagne Stasi 2.0 critiquait l'ancien ministre de l'Intérieur allemand Wolfgang Schäuble pour ses propositions sur les perquisitions en ligne.


Article publié dans le numéro de novembre de Berlin Poche.

Martin Sonneborn veut reconstruire le mur de Berlin

Au pays des politiques ternes et au discours monocorde, l'humoriste pince-sans-rire est roi. Il s'appelle Martin Sonneborn.


A la tête du PARTEI, formation revendiquant 8 000 adhérents, Sonneborn s'engage pour une société « humaine, pacifique et juste », où « l'effort soit récompensé » et qui ne « laisse personne au bord de la route ». Le tout garanti, bien sûr, sans langue de bois. Et les axes d'action sont clairs : il suffit de reconstruire le Mur de Berlin, stocker des déchets nucléaires à Prenzlauer Berg ou ressusciter Knut.


L'ancien rédacteur en chef du magazine satirique Titanic ne recule devant rien pour convaincre. Comme en août dernier, où, pour donner une leçon au NPD, il traversa la Porte de Brandebourg accompagné de 30 sympathisants, une torche à la main, en référence à la retraite aux flambeaux nazi de 1933. « Nous maîtrisons les méthodes de l'extrême-droite mieux que l'extrême-droite elle-même » dit-il, triomphant.



Son coup de force ? Qu'une délégation du PARTEI soit reçue par le principal parti d'opposition géorgien. Un exploit à nuancer. Qui oserait congédier 25 Allemands en attaché-caisse ?


En costume impeccable, Sonneborn écume les plateaux télé, où son air grave et son ton d'expert, surlignés par un début de calvitie, le posent en homme compétent. Alors, il n'oublie pas d'insister sur la modernité de son parti, à la pointe du populisme et du manque de contenu, qu'il appelle d'ailleurs à dépasser, le plus important étant « d'avoir l'air sympa à la télé ».


Rappelant les Yes Men, Sonneborn critique le jeu politique actuel que les politiques professionnels, derrière leur respectabilité, transforment régulièrement en farce.



Article publié dans le numéro d'octobre de Berlin Poche.


Images (c) DR

BLOG ACTION DAY L'autre visage d'Andreas Baader

Sergio Marx

Un obsédé de la gâchette, amateur de bolides et coureur de jupon, vantard et dominateur : c'est l'image picaresque que la culture pop a forgé du chef de file de la Fraction Armée Rouge. Sa part de doute et sa relation ambiguë à la communauté homo du Berlin des années soixante restent, elles, méconnues.

Les yeux soulignés au crayon kôhl, un Baader presque androgyne s'élance pour prendre le micro offert par un travesti et entonne un air languissant. Dans ce club pour hommes de Schöneberg, il se sent chez lui. Si cette scène de Wer, Wenn Nicht Wir peut surprendre, elle montre un nouvelle facette du terroriste. « Pour beaucoup de spectateurs, Baader c'est Moritz Bleibtreu dans Baader-Meinhof-Komplex », estime le réalisateur Andres Veil qui cherche à recentrer le mythe.

Andreas_Baader.jpg

N'ayant jamais connu son père, Andreas Baader fut très lié à son oncle, Michael Kroecher, un danseur et acteur homo. Il en tire une sympathie pour ce milieu et fréquente, dès son arrivée à Berlin en 1963, le Kleist – Casino. Dans Leicht muss man sein, Fliegen muss man können, un documentaire-hommage au photographe Herbert Tobias, l'ancienne gérante se rappelle de ce jeune trublion au pantalon serré qui draguait la clientèle pour ensuite décliner avec arrogance les avances de ses prétendants.

Tobias tirera quelques portraits de la forte-tête, torse nu, regard dans le vague, comme sortie du lit et vendra les clichés à une revue gay distribuée sous le manteau. Car jusqu'en 1969, l'homosexualité reste un délit en Allemagne et la police berlinoise n'hésite pas à faire des descentes. Une odeur de poudre qui séduisit sans doute aussi un jeune rebelle à la dérive.

Photo: Herbert Tobias

Doktor zu Guttenberg and Mister Hype (Electorallemand)

Cet article a été publié par Sébastien Vannier le 19 février 2011 sur le blog Electorallemand du site L'Express.fr

Le ministre de la défense allemand, Karl-Theodor zu Guttenberg, est accusé d’avoir fait un bon gros « copier/coller » dans sa thèse. En Allemagne, une véritable hérésie.

Bon, entre-nous, qui n’a jamais fait un copier/coller ? Avec Internet, crtl + C, ctrl + V. Hein, ni vu, ni connu, j’t'embrouille. Sauf qu’en Allemagne, c’est une autre paire de manches. La méthodologie scientifique allemande est telle que, chaque information doit être scrupuleusement attribuée à son auteur. On ne rigole pas avec ca. Tout ceux qui ont dû écrire un Hausarbeit, Bachelor-Arbeit, Master-Arbeit et qui plus est une thèse en allemand savent très bien de quoi je parle. Ces centaines de notes de bas de page où il faut indiquer l’éditeur, l’auteur, la page, l’anné de parution, sa taille de chaussures, et j’en passe et des pas mûres. Bref, une partie non négligeable du temps de rédaction consiste à citer ses sources, quel que soit le sujet. Et à bien les lister dans la bibliographie. Sinon, attention, c’est la sanction. Un oubli, ca peut être une erreur, deux, ca sent mauvais. Trois et le prof va songer à vous refaire faire le tout.

Mention très bien et félicitations du jury

Pourquoi je vous raconte tout ca ? Parce que c’est indispensable pour comprendre ce qu’il arrive actuellement à Karl-Theodor zu Guttenberg, le ministre de la défense allemand. Comme tout bon homme politique ambitieux qu’il est, la baron (c’est un vrai baron, c’est pas une expression politique) bavarois de la CSU sait bien qu’il sera difficile de faire carrière sans avoir le très prestigieux titre de Doktor. Un passage quasi incontournable pour les étudiants en droit ou en politique en Allemagne. Regardez les CV des membres du gouvernement allemand, vous trouverez du Dr. à tous les coins de rue ou presque. Si ce n’est du Dr. Dr. Et, attention, le Dr. fait partie du nom. Donc, KT (c’est son surnom) est ambitieux, très ambitieux. Elu au Bundestag en 2002 à 30 ans, il sait qu’il lui faut ce titre de docteur. C’est chose faite en 2007 « après sept années de travail minutieux » dit-il lui-même. Le sujet : « Constitution et contrat constitutionnel ». Université : Bayreuth, en Bavière, faisons les choses bien. Mention : summa cum laude, bref ce qu’il se fait de mieux. Génial, mention super, félicitations du jury et plus si affinité. Bref, victoire. Deux ans plus tard, Dr. zu Guttenberg passe ministre de l’économie. On sait pas toujours bien pourquoi mais il devient le chouchou des Allemands. Puis ministre de la défense. Bref, il est jeune, il a les cheveux gominés, il a une femme jeune et belle. Et donc il va devenir chancelier. Sauf que…

La listes des passages douteux s’allonge

Sauf qu’il y a quelques jours, le journal Süddeutsche Zeitung (basé en Bavière lui aussi) révèle une enquête du professeur de droit Andreas Fischer-Lescano. Celui-ci, prof à Brême affirme que Dr. zu Guttenberg aurait plagié plusieurs textes dans sa thèse qu’il avait lue (qui a dit que personne ne lisait les thèses ?). Et là, tout s’enchaîne. Intrigué, d’autres journaux mènent l’enquête. La F.A.Z. se rend compte que la thèse comprend en toutes lettres un de leurs articles écrits par la professeur Barbara Zehnpfennig. Sans aucune mention de la source. Et ce, dans l’introduction, censée montrer le cheminement personnel de l’auteur de la thèse pour définir le sujet. Aie. L’affaire monte. Une page Wiki est créée sur Internet pour que les internautes puissent collectivement éplucher le travail du ministre de la défense. La liste des potentiels plagiats augmente d’heure en heure et dépassent désormais la centaine. Parmi les auteurs qui auraient pu être plagiés (on va mettre du conditionnel, soyons prudents) : un député de la CDU, le service scientifique du Bundestag, un étudiant en licence à la FU dont le travail était disponible sur Internet. Et un prof d’Eichstätt, ca c’est blasphème ! Bref, en attendant que tout soit vérifié, la suspicion monte sur la méthode employée par le ministre de la défense pour rédiger sa thèse.

Celui-ci ne se laisse pas décontenancer et contre-attaque. Vendredi, il convoque une conférence de presse avec des « journalistes sélectionnés ». Pas de bol, en même temps, c’est la conférence de presse officielle du gouvernement. Autant dire que les journalistes pas invités l’ont très mauvaise. Et je les comprends très bien. Zu Guttenberg explique donc : « c’est bien moi qui ai écrit mon travail ». « J’ai écrit cette thèse pendant sept ans en parallèle de mon travail de député et de jeune père ». « C’est indéniable qu’il y a des erreurs » mais « je n’ai jamais consciemment fraudé ». J’essaye de mettre les vrais citations de la conf de presse , sinon…

En attendant, il renonce tout de même à son titre de docteur « temporairement » pendant que l’affaire est étudiée par le médiateur de l’université de Bayreuth.

Zu Guttenberg peut-il résister à tout ?

Que risque zu Guttenberg aujourd’hui ?

Certains diront : rien, cet homme est en téflon, il peut tout lui arriver, la population lui pardonnera. C’est pas impossible. Et puis, quelle marge de manoeuvre a l’université ? Elle lui a quand même donné une mention très bien sur cette thèse il y a trois ans à peine. Je les vois mal dire aujourd’hui : ah bah non, en fait, il est complètement faux ce travail, on lui enlève. Parce que l’université risque de perdre très gros sur sa réputation. Cependant, il y a d’autres scénarios possibles : à titre personnel, je pense que l’affaire n’est pas à sous-estimer : le titre de docteur et la méthodologie universitaire sont des éléments très spécifiques de la culture allemande. Si quelqu’un les prend à la légère, cela peut être très mal vu et cela remettrait en cause la crédibilité du plus populaire minsitre actuel. Le battage médiatique actuel n’est pas anodin. Si il est avéré qu’il a effectivement essayé de tromper son monde – soit en faisant volontairement des copier/coller sans citation, soit, et l’hypothèse est de plus en plus évoquée, en confiant l’écriture de la thèse à un tiers – et qu’en plus, il a menti publiquement sur ce sujet, sa carrière politique est en danger.

Politiquement, l’opposition de gauche se réjouit à pleines dents de voir enfin une faille dans la cuirasse de Guttenberg et se plonge dedans évidemment. Avec les déboires de l’armée allemande en Afghanistan ou les différentes affaires qui secouent la Bundeswehr, si ils pouvaient faire tomber zu Guttenberg sur une histoire de « copier/coller », cela réjouirait plus d’un à gauche. A droite, on rit moins forcément. Ses camarades du gouvernement, dont Angela Merkel, dénonce une campagne de calomnie et le soutiennent pour l’instant. Donc, pour l’instant, l’attente est de mise. L’affaire est dans les mains de l’université de Bayreuth, seule à pouvoir juger scientifiquement de cette affaire. Politiquement, évidemment, c’est autre chose.

C’est vrai que Guttenberg se faisant prendre en train de copier en Allemagne, c’est assez ironique (je suis sûr qu’on lui a jamais faite à l’école, celle-là).

Berlinale : à la recherche du temps perdu

La journée est déjà bien entamée, pourtant Boris (Esteban Bigliardi) et Ana (Cecilia Rainero) traînent encore au lit. Les amoureux partagent un café, Boris entame la lecture du journal. Un jour comme un autre à première vue. Mais Ana à quelque chose sur le coeur. « Boris, on a besoin d'une pause ». Et Boris s'installe peu après dans un hôtel bon marché. Son couple bat de l'aile.

Rodrigo Moreno


S'ensuit un voyage erratique dans le coeur de Buenos Aires. Boris n'a plus d'attaches, il flâne d'un coin à l'autre de la ville, sans but. Il s'achète une vielle voiture roumaine, qui se révèle être un misérable tacot qui ne lui cause que des ennuis, mais Boris reste relax. Après la rencontre fortuite d'un ancien camarade du lycée, il traîne de soirée en soirée et vit quelques aventures sans lendemain. Il a perdu le cap, mais n'en a-t-il jamais eu ? Boris semble toujours avoir été comme ça, calme, flegmatique, stoïque même, mais peut-être aussi à la dérive et sans ambition. Il laisse la vie suivre son cours, sans chercher à la contrôler.


Le film de Rodrigo Moreno, Un mundo misterioso, dépasse les cadres narratifs habituels. L'histoire, s'il y en a une, n'est pas une suite de péripéties suivant une certaine logique ou ayant une finalité bien précise. L'enchaînement n'a pas de but en soi. Et Boris reste impassible de bout en bout.





De quoi frustrer le spectateur impatient, notre cinéphile Sandra Wickert notamment, qui se plaint de la molesse du film, dans sa critique (en allemand). « Un peu d'action s'il vous plait ! »


Oui, l'action est aux abonnés absents. D'ailleurs lors de la projection presse, les premiers journalistes ont quitté la salle après cinq minutes d'une virée sans but à bord de la Tokha roumaine. Moi même, au bout de vingt minutes, j'ai commencé à pester : « Comment ZDF et Arte ont pu lâcher de la thune pour un navet pareil, alors tant que réalisateurs crèvent de faim ! » Mais ce début n'est qu'une mise en bouche, car le passage de Boris dans une librairie nous donne la clé de l'énigme. « Je te conseille 'Grand Prix', » lui dit le libraire, « un roman sur fond de course de formule un. Le début de l'histoire est très bien ficelé, mais il se perd ensuite dans des descriptions interminables, on perd très vite le fil. Un peu comme dans la vie en fait. » Le film prend alors une autre dimension.


Moreno nous appelle à nous défaire de nos habitudes de spectateurs friands de scénarios ficelés à la perfection, où chaque personnage a un rôle bien défini et une reparti hors du commun. Il nous montre la réalité, parfois barbante, parfois intense, mais où chaque événement ne fait pas forcement partie du grand Masterplan du Tout-Puissant (bon, là je m'avance peut-être un peu, je laisse chacun à ses croyances). Dans Un mundo misterioso, ce monde mystérieux qui est le nôtre, Moreno veut illustrer l'« esprit d'escalier », cet éclair de génie qui nous vient trop tard. Il nous montre la vie comme elle est, faite d'instants ratés, de conversations sans issues, d'hésitations fatales, mais ayant aussi sa part de poésie. Boris l'accepte ainsi. Quand il demande à Eva si elle veut revenir avec lui, elle répond qu'elle doit se tenir au délai de la pause avant de se décider. « Je ne peux pas changer d'avis comme ca. » « Alors tu joues la comédie là ? » lui dit Boris. Pas besoin, soit toi même.


Un film profondément humain qui appelle à prendre du recul face à l'instantanéité et à la surconnexion du monde actuel, face à cette pression sociale qui veut que chaque instant soit utilisé à bon escient, ce qui, au fond, n'est qu'oppression de l'individu. Un mundo misterioso saura récompenser par sa candide poésie le spectateur prêt à prendre son temps.

Berlinale : Les femmes du 6e étage. Olé.

L'histoire : M.Joubert vit tranquillement dans son 1re étage avec Mme Joubert. Même si Mme Triboulet, la concierge du rezu-de-chaussée est pas d'une humeur facile. Ni Germaine, la bonne qui habite au 6e d'ailleurs. Ni Mme Joubert qui habite elle aussi au 1er étage. Car c'est la femme de M.Joubert. Mais, un jour Germaine (qui habite au 6e étage), vexée, décide de quitter la maison. Il ne reste quàu couple Joubert (qui habite au 1er étage) qu'à trouver une nouvelle bonne. Ca tombe bien, Maria vient d'arriver au 6e étage parmi les autres Espagnols. Une vraie fée du logis, cette Maria. Tant et si bien que le 1er étage va commencer à s'intéresser à ce qu'il se passe au 6e.

Qu'est-ce qu'on en pense, à chaud ? Alors, je regarde Opodo pour me trouver un vol vers l'Espagne. Et je m'enfile une paella au passage.

Qu'est-ce qu'on en pense, à froid ? C'est pas facile de trouver une paella comme ca, à l'improviste à Berlin. Sinon, ai-je besoin de dire que j'adore Fabrice Luchini ? Tant pis, je le redis. Sandrine Kiberlin joue également très bien son rôle de jeune vieille fille super-chiante. Quant à nos Espagnoles du 6e étage, le trait est souvent un peu forcé , mais l'ambiance de groupe rend le tout agráble. Au final, une comédie qui surprend tout de même alors qu'on s'attend à des rôles figés et quelques clichés. Bonne humeur au rendez-vous.

Est-ce qu'ils vont gagner ? Non. C'est sûr. Parce qu'ils sont hors compétition. Comme ca, c'est fait.

Les infos officielles : N'oublions pas de citer le réalisateur Philippe Le Guay. N'oublions pas que le film sort en France aujourd'hui même, le 16 février 2011.

Et en plus, on a des photos (ouais, ni Fabrice Luchini, ni Sandrine Kiberlin, mais après tout Natalia Verbeke était là...) :

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photos : Katarzyna Swierc

Berlinale 2011, les frères Coen à l’ouverture (Electorallemand)

Article publié le 24 janvier 2011 par Sébastien Vannier sur le blog Electorallemand :

Février approche et Berlin se prépare déjà à la Berlinale. Encore du beau monde au programme dont le très attendu True Grit des frères Coen en ouverture.

Je vous le dis tout de suite, cet article ne sera pas objectif du tout. Parce que j’adore les frères Coen. Les réalisateurs de The Big Lebowski, O’Brother, No Country For Old Men, Burn After Reading, etc font, à mon partial avis, partie de ce qui se fait de mieux dans le cinéma aujourd’hui. Les programmateurs du festival du film de Berlin ont donc frappé un grand coup en annoncant dès décembre la présentation du film True Grit en ouverture du festival le 10 février. Peu importe ce qui allait venir après.

Les stars allemandes au rendez-vous

Bon, finalement, la liste définitive des films en compétitions vient d’être annoncée et il y a encore quelques affiches à suivre. D’abord l’immense Wim Wenders jouera la star à domicile. Même si le réalisateur des Ailes du désir, de Bunea Vista Social Club s’est beaucoup orienté vers les Etats-Unis dans ses films, il reste l’une des icônes allemandes. ll présentera donc, hors compétition, le film Pina, présentée comme « film de danse en 3D » (ca attise la curiosité en tout cas). Côté star allemande, on retrouvera une nouvelle fois l’acteur Moritz Bleibtreu, qui avait fait une performance très contestée l’année dernière dans le film « Jud Süss – Film ohne Gewissen« . Il sera cette fois à l’affiche de Mein bester Feind (mon meilleur ennemi) du réalisateur Wolfgang Mundberger. Deux autres grands noms du cinéma allemand, Bruno Ganz et Diane Kruger partageront l’affiche avec Liam Neeson dans le film Unknown de Jaume Collet-Serra.

Luchini après Mamuth

Des stars, ecnore des stars, pour que les paillettes fassent oublier l’hiver berlinois ! Allons, n’en jetez plus, je vous offre Kevin Spacey, Jeremy Irons et Demi Moore pour Margin Call, le premier film de JC Chandor. Et Ralph Fiennes, dans le premier film également de … Ralph Fiennes (comme ca, c’est plus simple pour le casting) Coriolanus. Où sont nos petits francais pendant ce temps-là ? C’est vrai que l’année dernière, la présence de Gérard Depardieu et de l’équipe du Groland avait mis une belle ambiance du côté de la Potsdamer Platz (pas encore aussi connue que « La Croisette » comme lieu, mais ca viendra). Cette année, c’est Fabrice Luchini et Sandrine Kiberlain qui seront les porte-drapeaux du contingent francais dans le film Les femmes du 6e étage de Philippe Le Guay (réalisateur de Le coût de la vie). Et pour pas faire trop d’ombre aux autres films, celui-là reste hors compétition. C’est sport. En compétition cette fois, Les contes de la nuit, un film d’animation de Michel Ocelot.

Ich bin eine Berlinerin : Christel Barth, baigneuse intrépide

Charlemagne adorait ca. Goethe aussi. La baignade dans le lac en hiver, c´est aussi le dada des Berliner Seehunde. On les croit un peu dingue, mais pas tant que ça, en fait. Rencontre avec Christel Barth, une berlinoise de souche qui admet tout de même avoir un peu mal aux orteils quand elle sort de l'eau.


Propos recueillis par Eva Déprez


L'eau est-elle effectivement froide ?


Cela fait 20 ans que je me baigne tous les dimanches de septembre à avril, alors je suis habituée. On reste dans l'eau une minute ou deux, pas plus. En sortant, on se sent vraiment bien. Ça fait un peu le même effet que le sauna, avec la technique inverse.


D'où vient cette tradition ?


Ça se fait beaucoup dans les pays du Nord, au Danemark ou en Finlande. En Allemagne, c 'est surtout à l'Est. À l'Ouest il y a quelques associations de baigneurs, mais c'est très différent. Chacun va se baigner quand il le veut, ils n'ont pas de vie associative comme nous l'avons. Nous, on se baigne ensemble.


Peut-on voir la baignade comme un sport ?


Absolument ! Mais au départ, le centre sportif de Borsig ne voulait pas reconnaître la baignade comme un vrai sport, sous pretexte que si l’on ne fait pas de compétition, on ne fait pas vraiment de sport. La reconnaissance est venue grâce à des médecins berlinois qui ont insisté sur le fait que c'était bon pour la santé.



Mais cela est-il vraiment bon pour la santé de se baigner quand il fait moins 10°C dehors ?


Oui ! D'ailleurs il n'y a pas de lien direct entre Froid et Maladie. Beaucoup d´entre nous tombent moins souvent malade. Même psychologiquement, c'est important. Quand on sort de l'eau, on est vraiment de bonne humeur parce que le cerveau sécrète des endorfines qui donnent une sensation de bien-être. Ça peut avoir des effets durables.



Qu'est-ce qui vous motive le plus ?


Nous sommes des gens normaux qui pensons à notre santé. Peut-être qu' au début, certains faisaient ça pour épater la galerie. Ils avaient l´impression de se démarquer en faisant quelque chose d'un peu spécial. Aujourd'hui c'est plutôt l'aspect santé qui compte. C'est le moyen d'avoir une activité physique bénéfique sans faire trop d'effort.


N'importe qui peut-il aller dans l'eau ?


Oui mais il vaut mieux bien se préparer. L'ideal, c'est de commencer par se baigner en septembre quand l'eau n'est pas trop froide. Quand on n’a pas l'habitude, il faut y aller progressivement.


Quel est le meilleur moment de la saison ?


En janvier, on invite d'autres associations de baigneurs d'hiver, d'Allemagne ou d'ailleurs. C´est l'occasion de se rencontrer et de s'amuser ensemble. Au fil du temps, c'est devenu un vrai carnaval. C'est très différent des autres dimanches d'hiver, où le plus important reste le côté « sain » de la baignade. Là, c'est très festif et c'est ouvert au public. Si vous venez, n'oubliez pas vos maillots de bain !



Strandbad Orankensee
Hohenschönhausen, Gertrudstr. 7


M4+27+13 Buschallee


Tous les dimanches et aussi…


- « Weihnachtsbaden » * 25 DEC * 10h


- « Neujahrsbaden » * 1er JAN * 11h


- « 27. Winterbaden in Berlin » * 8 JAN * 14h


www.berliner-seehunde.de


Article paru en décembre dans Berlin Poche.


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