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Berlinale

Celui qui voulait faire un film sur Banksy

Exit through the gift shop (2010) est un documentaire de l'artiste de rue Banksy. Celui-ci est tout simplement la légende du Street Art. Il a bâti sa réputation non seulement sur son talent qui fait vendre ses oeuvres à des prix exorbitants mais également par le fait qu'il est tout simplement invisible. Personne ne sait qui est Banksy. Mais ce film ne raconte pas son histoire, mais celle de celui qui voulait faire un film sur Banksy.

Pourquoi aller voir Exit through the gift shop ?

Pour (re) découvrir le monde su Street Art. Pour apprécier l'humour et l'ironie de Banksy ainsi que de l'ensemble de ce milieu porté par la rebellion pacifiste.

Points forts / points faibles

Points forts : très bonne description du milieu. Bon rythme pour le film. Beaucoup de créativité, d'auto-dérision et un humour so british. Banksy réussit un très beau pied-de-nez aux écueils de l'art moderne. C'est-à-dire dire que c'est "in" juste parce que c'est "in".

Points faibles : vous avez déjà entendu mal parler un Français en anglais pendant une heure ? Insupportable.

Etoiles : **** 4/5 Un peu d'humour, d'ironie et d'auto-dérision dans ce monde de déprimes, de huis-clos ou de mainstream hollywoodiens, ça fait du bien.

Réactions dans la salle: Des rires des les premières minutes du film quand Banksy annonce : "Ce film est bien, je pense, surtout si vous n'en attendez pas beaucoup". Mais, déception, il n'y aura pas de conférence de presse !

Et quand les lumières se rallument ? Vite rechercher si ce Thierry Guetta alias Mister Brainwash existe vraiment ? Ou alors si c'est encore un gros canular de Banksy.

Berlinale : Shutter Island (2010) de Martin Scorsese

Cet article également en anglais

Pourquoi faut-il aller voir Shutter Island ?

Parce que c’est Martin Scorsese, diront les uns. Parce que c’est Leonardo Di Caprio, diront les autres. Mais pas seulement. Parce que pendant deux heures, vous allez être emportés sur une île loin d’être paradisiaque et vous allez vous poser des questions sur la santé mentale de tout le monde.

Points forts / points faibles

Point forts : le scénario évidemment et donc le livre de Dennis Lehane. L’histoire vous fera tourner en bourrique pendant deux heures. Leonardo Di Caprio qui parle allemand, les Berlinois auront apprécié.

Points faibles : Scorsese nous fait certes tourner en bourrique pendant quasiment tout le film mais il nous tient la main pour bien nous montrer le chemin dans les dernières minutes. Un peu dommage. Si Scorsese maîtrise évidemment tous les codes et toutes les références du thriller, des fois, c’est même un peu trop.

Etoiles : 4/5 Trois étoiles pour le film + une pour la performance de Leonardo Di Caprio. Je ne suis pas un fan mais là, il porte toute l’intrigue sur ses épaules.

Réactions après la projection

Shutter Island était un des films les plus attendus de la Berlinale. Applaudissements fournis à la fin de la projection même si les critiques y verront quelques détails pas complètement satisfaisants.

Et quand les lumières se rallument ?

Il faut revoir le film. Vite. Regarder sur le programme quand est-ce qu’il repasse.

Berlinale: My Name is Khan (2010) de Karan Johar

Les producteurs d'un des plus grands succès de Bollywood Sometimes Happy, Sometimes Sad (2001) ont produit aux USA My Name is Khan (2010) avec la superstar hindoue Shah Rukh Kahn. Le film raconte l'histoire de Rizvan Kahn, un indien musulman atteint d'une forme d'autisme, le syndrome d'Asperger, ayant tenté sa chance aux Etats-Unis. Suite au 11 septembre, la vie heureuse de Rizvan va changer. Les musulmans n'étant plus les bienvenus. Pour l'anecdote, l'idée du film vint à Shah Rukh Khan lorsqu'il fut sévèrement contrôlé à l'aéroport de Newark, probablement pour son apparence pas assez white christian american.


Pourquoi voir My Name is Khan ?

Vous avez aimé Forrest Gump? La paranoïa anti-islam post-11 septembre vous déprime ? Vous aimez les happy-ends, les scènes larmoyantes, les sentiments à l'eau de rose ? My Name is Khan est pour vous !


Bons points, mauvais points

Le film traite le problème de l'islamophobie, de l'obsession sécuritaire, de la restriction des libertés individuelles tout en restant un très bon divertissement grand public bien que la durée du film dépasse la standards du genre (presque 3 heures). De plus, le film n'est pas uniquement en anglais, les personnages s'expriment également en hindi. Bon point pour l'ouverture culturelle.

Seule ombre au tableau : une certaine récupération politique à la fin du film, qui délivre l'idée que l'Amérique à fait des erreurs dans la période post-11 septembre mais que cela ne fut que temporaire. Le rêve américain reste donc d'actualité. Ça ne m'étonnerai pas que la 20th Century Fox soit derrière cette belle fin politiquement correcte.

Un quatre étoiles **** - à voir pour le message de tolérance.


Les réactions au film

Dès son lancement au Royaume-Uni, le film a battu tous les records pour un film de Bollywood et a éveillé l'enthousiasme à la Berlinale.


Et les sentiments après la projection ?

Vous risquez d'avoir tout de même une petite phase de réflexion sur le rôle des USA dans le monde, les relations entre les religions, l'extrémisme, la tolérance, etc ...

images : ©Katarzyna Swierc & FOX

Live-Tweet depuis la Berlinale

L’ouverture de la 60ème édition de la Berlinale se rapproche et Cafébabel Berlin se prépare à vous faire vivre cet événement sur le Blog comme dans le magazine à travers des critiques, des interviews, du son, des images.

Ne ratez pas, ce lundi, le 1er février à 11 heures, notre couverture en direct sur Twitter de la conférence de présentation du programme officiel de cette nouvelle édition-jubilé de la Berlinale en présence de Dieter Kosslick, le directeur du festival.

Alors, à lundi !

 
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Yolande Moreau et Jessica Alba à la Berlinale - Electorallemand

La Berlinale fête cette sa 60e édition et on commence petit à petit à avoir un bon aperçu du programme. 18 films en compétition sont désormais connus. Avec comme d'habitude à Berlin : du glamour, de l'international, et nos petits Français.




Après donc avoir servi ces dames en annonçant que Leonardo di Caprio et Pierce Brosnan seraient visibles - au moins - à l'écran dans le nouveau film de Martin Scorsese, ce sont maintenant ces messieurs qui vont être comblés par le programme de la Berlinale. En effet, Jessica Alba (Sin City, Les 4 Fantastiques) et Kate Hudson (Nine, Docteur T. et les femmes) seront à l'affiche de The Killer inside me de Michael Winterbottom. Allez, on vous rassure, il y a le petit Casey Affleck de la partie. En espèrant que la Berlinale va mettre sa touche de glamour habituelle au festival, pas impossible de voir débarquer tout ce petit monde pour la montée des marches (ah non, il n'y a pas vraiment de marches à monter à Berlin).

Groland in Deutschland

La France envoie également des ambassadeurs de choc pour la compétition avec l'acteur français le plus connu en Allemagne, Gérard Depardieu, accompagné par Yolande Moreau et Isabelle Adjani dans le film Mammuth. Le tout dirigé par l'équipe de Groland, Benoît Delépine et Gustave de Kerven.

A noter également que le film d'ouverture nous viendra cette fois de Chine (après The International l'année dernière). Il s'agit de l'oeuvre Tuan Yuan du réalisateur Wang Quan'an. Celui-là même qui avait remporté l'Ours d'or en 2007 pour Le mariage de Tuya. Enfin, pour le public allemand surtout, il sera intéressant de voir ce que donne "Jud Süss - Film ohne Gewissen", en référence au film ô combien controverse de l'époque nazie. On y retrouve les stars allemandes Martina Gedeck et Moritz Bleibtreu.

Article publié le 21 janvier sur Electorallemand

Interview avec l'acteur Horacio Camendule

Gigante                                                                             



Gigante a été récompensé par l'Ours d'argent
Uruguay, 2008, 84 min
Réalisateur: Adrián Biniez
Acteurs: Horacio Camandulle, Leonor Svarcas, Néstor Guzzini
Section: Compétition

de Sergio Marx

Jara travaille de nuit dans un supermarché. Sa tache est de rester seul derrière son écran et de surveiller les femmes de ménages qui s'occupent de redonner un peu d'éclat aux allées du magasin. Jara est également videur, le week-end, dans une boîte de métal. Le métal et les parties de jeux-vidéos avec son neveu sont les seuls passe-temps qui égayent sa routine. Bien que possédant un physique imposant, Jara est calme, timide, taciturne, peut-être un peu mélancolique. Tout change au cours d'une nuit semblable aux milliers d'autres qu'il a passé dans sa cabine de surveillance, où commence sa fascination pour une des femmes de ménages. Elle devient son obsession.

La compagnie de production uruguayenne Ctrl Z Films démontre une nouvelle fois sa perspicacité. Après le soutient apporté à 25 Watts (2001), film remarqué lors de nombreux festivals et illustrant la vie d'une bande de post-adolescents oisifs, elle permet à Adrián Biniez de tourner son premier film, un film drôle, poétique, humain, dont la qualité tient en grande partie à la performance de Horacio Camendule dans le premier rôle. Il était présent lors de la première mondiale du film à la Berlinale.

Comment a commencé le travail avec le réalisateur ?
Je suis un acteur de théâtre à la base. Il s'agit de mon premier film. Tout a commencé avec un casting, je ne connaissais pas le réalisateur. J'étais le premier à passer la casting. Adrián avait déjà une idée assez claire de ce qu'il voulait, car il y a un vrai Jara, un de ses amis.

Alors c'est une histoire vraie ?
Il y a une part de réalité. Adrian s'est inspiré de l'histoire d'amis.

Quels sont les intentions du personnage envers la jeune femme ? A certains moments il est difficile de savoir s'il veut l'embrasser ou la tuer.
Oui, ce jeu est intéressant. J'ai dû y penser lorsque je développais le personnage. Est-ce qu'il s'agissait d'amour, de fascination ? En fait je ne sais toujours pas ce qui lui est arrivé. Jara est plutôt solitaire, il vit seul, a 35 ans. Pour étoffer le personnage, je me suis imaginé qu'il avait eu une copine il y a longtemps, mais que ça c'était mal terminé, qu'il en était resté blessé, et les années s'étaient écoulées. Et lorsqu'il vit Leonor, tout cela remonta à la surface, c'est pour cela qu'il observe sans agir. C'est pourquoi l'expression corporelle est minimale mais l'expression sentimentale est maximale. Il regarde son écran et pourtant ne semble rien observer.

Le travail de Jara semble jouer un rôle important.
Oui, il est une sorte de big brother, le surveillant du panoptique de Foucault, être omniscient qui contrôle tout par le regard. Mais Jara ne se rend pas compte de cela. Il passe son temps à s'ennuyer et à faire des mots-fléchés. Il doit veiller à ce que personne ne vole dans le magasin, mais il s'en moque en réalité, il laisse les femmes de ménage voler du riz ou du yaourt. C'est un travail de routine, qui  rappelle peut être les Temps Modernes de Charlie Chaplin. Mais Jara, lui, ne s'efforce pas autant, tout cela lui importe peu.

Est-ce qu'il s'agit d'une histoire d'amour moderne ? Dans le film Leonor rencontre un homme par internet.
C'est une histoire d'amour, moderne je ne sais pas. Comment fait-on pour rencontrer quelqu'un avec qui l'on peut se sentir bien ? Nous sommes surcommuniqué, mais cela ne veut pas dire que nous communiquons plus entre nous.

Et Berlin?
Berlin m'a plu, j'y ai beaucoup marché, cela m'a fait penser à mon rôle dans le film, Jara marche également beaucoup.

photos: Berlinale

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Berlinale : '89, la musique ouest-berlinoise arrive en chair et en os à Berlin-Est

Von Wegen





Off Ways

Allemagne, 2009, 100 min

Réalisateur: Ulli M. Schueppel
Acteurs: Einstürzende Neubauten, Ronald Galenza, Heiner Müller, Alexander Pehlemann, Claus Löser
Section: Panorama Dokumente

de Sergio Marx

Décembre 89. Le mur est tombé depuis deux mois, mais la RDA existe toujours. Les Einstürzende Neubauten, groupe post-punk atonique industriel de Ouest-Berlin, décident de traverser la frontière et d'être les premiers à jouer « de l'autre côté ». Ils retrouvent là-bas une communauté de fans qui depuis des années se passent leurs enregistrements sous le manteau sans pourtant jamais avoir pu les voir sur scène. Le documentaire commence à Ouest-Berlin avec le groupe et documente le passage du poste-frontière, le trajet en van et l'arrivée dans le centre culturel Wilhelm Pieck d'une usine de Berlin-Est peu habitué à accueillir des musiciens pareils.


Mais là où le film trouve tout son intérêt est dans le fait que le réalisateur a retrouvé des Est-Berlinois de l'époque qui ont vu le concert, et refait avec eux, vingt plus tard, le trajet qui les mena de chez eux au concert des Neubauten. La plupart avaient la vingtaine et racontent leurs souvenirs de l'époque : l'importance de la musique, l'euphorie et l'espoir politique par rapport au futur de la RDA, mais déjà le sentiment d'une différence culturelle entre allemands de l'est et de l'ouest : une fille de l'Est demande au cameraman de l'Ouest s'il vient d'Australie, qui en retour lui demande qui est Wilhelm Pieck.


L'ambiance surréaliste de la soirée est d'ailleurs pimentée par l'arrivé à l'improviste de Jack Lang, par hasard en visite officielle avec Mitterrand, qui voulait absolument connaître l'avis d'artistes sur l'évolution politique en Allemagne, artistes qui se retrouvent un peu dépassé par les événements.


Le film est incontournable pour tous ceux qui s'intéressent à la problématique Est-Ouest en Allemagne, en l'occurrence depuis la perspective est-allemande. En partant d'un concert, le réalisateur parvient à élargir la perspective et aborder des sujets autres que la musique en mélangeant images de l'époque et images actuelles. Un film profond et drôle. A ne pas manquer !


photos: Berlinale


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Rachel morte en Palestine

Rachel





Frankreich, Belgien, 2009, 100 min

Réalisatrice: Simone Bitton
Section: Forum

de Sylvie Roche


En 2003, quelques membres d'une association pacifiste décident d'aller porter de l'aide dans la bande de Gaza. Leur présence permet souvent d'empêcher des fusillades meutrières ou la démolition de maisons habitées à proximité du mur. Mûs par leurs idéaux, ces jeunes Américains et Européens sont convaincus que l'on peut contribuer à la paix par des gestes simples. Au nom de ces idéaux, ils n'hésite pas à se mettre en danger pour conjurer l'absurdité d'une guerre sans adversaires. Leur aventure se solde par la mort odieuse de l'un d'entre eux, Rachel Corrie. L'image de cette jeune femme américaine face aux buldozers n'est pas sans rappeler la célèbre photo de Tien an Men.

Cinq ans plus tard, la cinéaste Simone Bitton retourne sur ses traces. À l'aide de sa caméra, elle enquête auprès des témoins du drames et des autorités pour démontrer que cet accident un meurtre déguisé. Si le sujet (la situation dramatique des Palestiniens dans la bande de Gaza) est malheureusement toujours d'actualité, le film quand à lui laisse songeur. Il ne délivre volontairement que peu d'informations sur la situation de la région en 2003, mettant en avant le drame personnel de cette jeune femme et de ceux qui l'ont cotoyée. On se sent donc un peu démuni face à un récit auquel il manque certains élements essentiels au rythme et à la compréhension. Quant à l'enquête, elle s'essouffle rapidement, ne livrant plus des indices, mais un point de vue tranché et indiscutable.Les intervenants sont très nombreux et traités de façon trop égale, ce qui rend l'identification à l'un d'entre eux difficile. On reste donc extérieur à un problème dans lequel l'émotion joue un rôle centrale.

Ce film est finalement bien moins un portrait annoncé d'une jeune activiste assassinée, qu'un hymne aux idéaux de paix.

photo: Berlinale

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Vingança

Vingança



Retribution
Brésil, 2008, 110 min
Réalisateur: Paulo Pons
Acteurs: Bárbara Borges, Erom Cordeiro, Branca Messina
Section: Panorama

de Sergio Marx

Une première scène dramatique : une jeune femme violée et laissée pour morte se réveille près d'une rivière, couverte de boue, le visage en sang. C'est ensuite un jeune homme qui quitte son village pour la métropole, suivi discrètement, mais de près, par ce qui semble être un policier en civil. Le violeur cherche-t-il un refuge ? Rien n'est moins sur dans ce thriller intimiste du réalisateur brésilien Paulo Pons qui nous laisse tout d'abord dans l'expectative et une certaine incompréhension pour ensuite nous faire comprendre à posteriori les chaînons manquants de l'intrigue. Le titre du film est lui sans équivoque : vengeance. L'honneur souillé par le crime ne peut être sauvé que par la punition du coupable, par une vendetta sanglante.
Le film souffre de l'utilisation sans retenue et maladroite de la caméra à la main, donnant certes un effet déstabilisant, mais pouvant gêner indûment le spectateur. Des plans fixes traditionnels auraient certainement été plus efficaces. Le scénario est laborieux et les textes sont parfois creux. Certains dialogues permettent toutefois de réveiller l'attention par leur humour piquant. La performance de Branca Messina est à noter. Malheureusement, le film ne vaut pas particulièrement le détour.

photo: Berlinale

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Human Zoo

Human Zoo





France, 2008, 110 min
Réalisateur: Rie Rasmussen
Acteurs: Rie Rasmussen, Nikola Djuricko, Nick Corey, Vojin Cetkovic, Hiam Abbass, Said Amadis
Section: Panorama

de Sébastien Vannier

Retrace le destin d'Adria qui fuit la guerre au Kosovo avec Srdjan, déserteur qui l'a sauvé d'un viol. Après avoir été son amante et la complice de ses crimes, Adria se retrouve à Marseille et découvre une nouvelle peur, celle d'être immigrée clandestine en France. Ces deux époques qui se jouent parallèlement montrent la difficulté de s'intégrer après avoir vécu ces horreurs de la guerre à l'autre bout de l'Europe. Ce film de la danoise Rie Rasmussen (la Angel-A de Luc Besson) est certes une histoire européenne par excellence, mais brutal et pas toujours fluide, il peine parfois à convaincre le spectateur.

photo: Berlinale

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Danse macabre au bal d'automne

La campagne EU-Debate on the Ground bat son plein à Tallinn, l'occasion pour les Babelblogs d'observer ce que l'Estonie fait bouger en dehors de ses frontières. Mission impossible ? Bien au contraire, à Berlin le 4ème Baltic Film Festival présente du lundi 17 au mercredi 22 octobre une vingtaine de films au Cinema Babylon Oval dont ''Autumn Ball'', primé à Venise l'année dernière.


''Autumn Ball'' (Sugisball)
Un couple de designers au bord de la nevrose cultivant une haine mutuelle et profonde, une mère élevant seule sa fille harcelée par son ex-mari alcoholique, un vieux garçon coiffeur distribuant des bonbons aux enfants de l'école primaire se fesant traiter de pervers, un portier d'un restaurant chic désabusé et incompris enchainant mécaniquement les aventures sexuelles sans lendemain, un homme constamment alcoolisé épiant sa femme l'ayant quitté pour son meilleur ami...

Pour qui l'Estonie n'est toujours qu'une terra incognita, ce film de Veiko Õunpuu ne risque pas forcément de réveiller des envies d'escapades en terres baltes. En effet, le quotidien ne semble pas y être très rose, il se décline plutôt en divers tons de gris : incommunication, frustration, échec, perte de repères, autodestruction. Tous les personnages entreprennent une quète, une recherche de bonheur et d'absolu qui se crystalise dans un idéal en contradiction complète avec leur vie faite d'un enchaînement de déceptions. Cet quête a toujours pour objets d'autres individus mais l'incompatiblité des désirs et des attentes de chacun semble empêcher tout espoir de réussite. Même si l'absurdité des situations éveille parfois le rire, le film risque d'éveiller du vague à l'âme chez le spectateur.

Rain Tolk incarne l'un des personnages principaux de Autumn Ball, ce n'est pas ca première collaboration avec Veiko Õunpuu avec qui il a notamment coécrit le scénario d'un moyen-métrage. Tolk sera également à l'affiche du prochain film de Õunpuu « La Tentation de Saint Antoine » où il tiendra le rôle du diable en personne.

Babel.Blog.Berlin : Rain Tolk, est-ce que Autumn Ball met en scène des individus égoistes, obsédés par leur personne et qui finalement n'arrivent pas à découvrir le bonheur où il pourrait être ?
Rain Tolk : Je ne pense pas que le film traite les gens comme de pauvre petits insectes égoistes. Il parle de l'humanité en général, et non des fautes et du nombrilisme de personnes spécifiques. Le film essaye de montrer le gens tels qu'ils sont et essaye ainsi de faire ressortir une sorte de vérité.

Faire table rase pour mieux repartir

: Quel est cette vérité ?
RT : A la fin du film, l'on peut voir qu'une forme de bonheur peut apparaître lorsque tout espoir a disparu. C'est une sorte de nouvelle plateforme pour tout recommencer. Quand vous êtes au fond, il est enfin possible de reconstruire. D'une certaine manière ce film porte un regard bouddhiste sur la vie.

Rain Tolk, moins triste que dans son film
: Pourquoi avoir participé à ce film ?
RT : J'aimais l'idée simplement, je suis un ami de longue date du réalisateur, j'imagine que nous partageons une sensibilité comparable. Cela fait deux ans que nous avons tourné le film, aujourd'hui nous aurions probablement tourné un film complètement différent, car, d'une certaine manière nous évoluons, comme tout le monde. C'est pour ça qu'il est difficille pour moi de repenser à cette époque et de me dire qu'elle était ma motivation première pour participer à ce projet. En fait, cela ne pouvait pas être autrement, c'était le bon moment, la décision semblait couler de source.
: Vous dites avoir une sensibilité comparable à celle de Veiko Õunpuu, diriez-vous qu'il s'agit d'une sensibilité spécialement estonienne ?
RT : Je dirai que la sensibilité qui est à voir dans le film est typique de Mati Unt, l'auteur du livre dont s'inspire le film, tout comme l'humour absurde qu'il en ressort. Veiko et moi avons redécouvert cet auteur et ce livre plus ou moins au même moment. Mais je ne pourrais pas généraliser et dire qu'il s'agit d'une sensiblité spécifiquement estonienne. J'aimerais croire que le film laisse transparaître une sensibilité caractérisistique de l'humanité entière. Nous ne sommes pas des cineastes nationalistes, nous voulons partager un point de vue sur l'humanité et non sur la nationalité.

Un film universel

: Effectivement, à travers le monde, les gens connaissent les mêmes problèmes de communication...
RT : Ce film a eu du succès dans des cultures complètement différentes les une des autres. Il a eu beaucoup de succès au Portugal par exemple. Pourtant, prenez mon personnage, il n'a pas l'air typiquement estonien ou typiquement portugais. Notre but n'a jamais été de faire du cinéma spécifiquement estonien.
: C'est intéressant car il y a une réplique dans le film, où des personnages se plaignent de la tentative de l'Occident de voir les pays baltes comme un tout possèdant une identité commune, une identité en fait inexistante.
RT : En effet. Le film est dans cette mesure un film politique, car nous montrons avoir peu de foi en une nationalité ou un Etat. Personnellement, je préfère avoir foi en l'humanité.

Propos recueillis lors de la cérémonie d'ouverture du Baltic Film Festival, après projection de Autumn Ball.
http://www.balticfilmfestivalberlin.net

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Film: "Mary" par Abel Ferrara

Le film "Mary" d’Abel Ferraraté présenté mercredi dernier en première berlinoise par le magazine critic.de, même si dans d’autres pays, et notamment en France, ce film est déjà disponible en DVD. Cette projection est donc l’occasion de se plonger dans les méandres de la foi. Film religieux ou film sur la religion, Mary s’inscrit clairement en réponse aux grosses productions controversées qu’ont été La Passion du Christ de Mel Gibson ou le Da Vinci Code de Ron Howard, adapté de Dan Brown.
par Sébastien Vannier

"Mary" est donc l’histoire de trois personnages qui se croisent et à la recherche de leur propre foi. Le personnage éponyme d’abord, Mary Palesi (jouée par Juliette Binoche), qui vient d’interpétrer le rôle de Marie-Madeleine, dans un film sur la vie de Jésus intitulé « Ceci est mon sang » du réalisateur Tony Childress (Mathew Modine). Mary est tellement habitée par le personnage qu’elle vient d’interpréter qu’elle décide d’abandonner sa carrière pour se rendre à Jérusalemn pour vivre cette foi nouvelle. Tony, le réalisateur, cherche à défendre son film à tout prix au nom de la liberté d’expression mais peine à défendre sa position. Enfin Ted Younger (Forest Whitaker), présentateur de télévision, anime une série d’émissions sur Jésus et, pour cette raison, cherche à contacter Tony et Mary. Lui aussi, tiraillé dans sa vie privée, cherche sa propre foi.

La bande annonce du film sur Youtube (cliquez ici pour la version plus grande).

Dans "Mary", Abel Ferrara tente de présenter un spectre de points de vue sur la religion catholique, sur Jésus, sur Marie-Madeleine, en faisant intevenir, sur le mode du docu-fiction, des experts en théologie (notamment Jean-Yves Leloup). Le souci initial est donc l’objectivité face à la croyance, mais il n’est pas sûr qu’il s’y tienne au vu des dernières scènes où l’on sent les personnages principaux en phase de conversion. Les deux personnages masculins, Tony et Ted, peuvent faire figure de miroir d’Abel Ferrara lui-même. En utilisant un personnage de réalisateur présentant un film religieux, Ferrara utilise une mise en abîme pour réaliser partiellement un auto-portrait, même si il n’est pas flatteur. Ce personnage de Tony est également clairement identifiable, même du point de vue physique, à Mel Gibson. Mais Abel Ferrara pourrait également être Ted, ce journaliste en quête de vérité, qui ne sait pas. Torturé par ses pêchés, celui-ci se confesse face à Dieu suite à un drame dans sa vie privée, la naissance prématurée de son fils alors qu’il trompe sa femme (Heather Graham).

Mais même si ce n’est pas elle qu’on voit le plus à l’écran, c’est bien Mary qui domine de sa présence. Son acte soudain de conversion étant présenté comme la meilleure voie à suivre. Abel Ferrara, à travers les experts interviewés, revient d’ailleurs longuement sur le rôle véritable qu’a joué Marie-Madeleine auprès de Jésus, révélé par la découverte de son Evangile apocryphe en 1945 en Egypte. Ni prostituée, ni amante de Jésus, elle aurait été une de ses principales disciples.

Pour ce qui est de la mise en scène, Abel Ferrara s’applique à faire entrer en collision des lieux et des instants différents. Les scènes du film en tournage et la réalité, par exemple. Mary se confond avec Marie-Madeleine. En rêve d’abord puis de façon de plus en plus indisctincte . New York, où se trouvent Ted et Tony, et le Proche-Orient de Marie. Ainsi, dans le studio de télévision tournent en boucle des images du confilt israëlo-palestinien, notamment cette image qui a fait le tour du monde d’un père et de son fils pris entre deux feux, reflétant le choc qu’aura Ted à la naissance de son propre fils. Ce sont les moyens de communication qui font le pont entre ces deux mondes : la télévision sans cesse allumées, les téléphones, notamment celui utilisé pour joindre Marie pendant l’émission de télévision. Ce téléphone est au centre de tous les regards et la voix de Marie arrive, comme venue du ciel.

Mary
Réalisation : Abel Ferrara. Avec Forest Whitaker, Juliette Binoche, Matthew Modine, heather Graham et la participation de Marion Cotillard. USA-Italie-France, 2005. Nouvelle projection le dimanche 24 février à 18h à Babylon Mitte

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