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cinéma

Rachel morte en Palestine

Rachel





Frankreich, Belgien, 2009, 100 min

Réalisatrice: Simone Bitton
Section: Forum

de Sylvie Roche


En 2003, quelques membres d'une association pacifiste décident d'aller porter de l'aide dans la bande de Gaza. Leur présence permet souvent d'empêcher des fusillades meutrières ou la démolition de maisons habitées à proximité du mur. Mûs par leurs idéaux, ces jeunes Américains et Européens sont convaincus que l'on peut contribuer à la paix par des gestes simples. Au nom de ces idéaux, ils n'hésite pas à se mettre en danger pour conjurer l'absurdité d'une guerre sans adversaires. Leur aventure se solde par la mort odieuse de l'un d'entre eux, Rachel Corrie. L'image de cette jeune femme américaine face aux buldozers n'est pas sans rappeler la célèbre photo de Tien an Men.

Cinq ans plus tard, la cinéaste Simone Bitton retourne sur ses traces. À l'aide de sa caméra, elle enquête auprès des témoins du drames et des autorités pour démontrer que cet accident un meurtre déguisé. Si le sujet (la situation dramatique des Palestiniens dans la bande de Gaza) est malheureusement toujours d'actualité, le film quand à lui laisse songeur. Il ne délivre volontairement que peu d'informations sur la situation de la région en 2003, mettant en avant le drame personnel de cette jeune femme et de ceux qui l'ont cotoyée. On se sent donc un peu démuni face à un récit auquel il manque certains élements essentiels au rythme et à la compréhension. Quant à l'enquête, elle s'essouffle rapidement, ne livrant plus des indices, mais un point de vue tranché et indiscutable.Les intervenants sont très nombreux et traités de façon trop égale, ce qui rend l'identification à l'un d'entre eux difficile. On reste donc extérieur à un problème dans lequel l'émotion joue un rôle centrale.

Ce film est finalement bien moins un portrait annoncé d'une jeune activiste assassinée, qu'un hymne aux idéaux de paix.

photo: Berlinale

Plus d'infos et de chroniques en direct du Festival international du film de Berlin dans le magazine

Vingança

Vingança



Retribution
Brésil, 2008, 110 min
Réalisateur: Paulo Pons
Acteurs: Bárbara Borges, Erom Cordeiro, Branca Messina
Section: Panorama

de Sergio Marx

Une première scène dramatique : une jeune femme violée et laissée pour morte se réveille près d'une rivière, couverte de boue, le visage en sang. C'est ensuite un jeune homme qui quitte son village pour la métropole, suivi discrètement, mais de près, par ce qui semble être un policier en civil. Le violeur cherche-t-il un refuge ? Rien n'est moins sur dans ce thriller intimiste du réalisateur brésilien Paulo Pons qui nous laisse tout d'abord dans l'expectative et une certaine incompréhension pour ensuite nous faire comprendre à posteriori les chaînons manquants de l'intrigue. Le titre du film est lui sans équivoque : vengeance. L'honneur souillé par le crime ne peut être sauvé que par la punition du coupable, par une vendetta sanglante.
Le film souffre de l'utilisation sans retenue et maladroite de la caméra à la main, donnant certes un effet déstabilisant, mais pouvant gêner indûment le spectateur. Des plans fixes traditionnels auraient certainement été plus efficaces. Le scénario est laborieux et les textes sont parfois creux. Certains dialogues permettent toutefois de réveiller l'attention par leur humour piquant. La performance de Branca Messina est à noter. Malheureusement, le film ne vaut pas particulièrement le détour.

photo: Berlinale

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Human Zoo

Human Zoo





France, 2008, 110 min
Réalisateur: Rie Rasmussen
Acteurs: Rie Rasmussen, Nikola Djuricko, Nick Corey, Vojin Cetkovic, Hiam Abbass, Said Amadis
Section: Panorama

de Sébastien Vannier

Retrace le destin d'Adria qui fuit la guerre au Kosovo avec Srdjan, déserteur qui l'a sauvé d'un viol. Après avoir été son amante et la complice de ses crimes, Adria se retrouve à Marseille et découvre une nouvelle peur, celle d'être immigrée clandestine en France. Ces deux époques qui se jouent parallèlement montrent la difficulté de s'intégrer après avoir vécu ces horreurs de la guerre à l'autre bout de l'Europe. Ce film de la danoise Rie Rasmussen (la Angel-A de Luc Besson) est certes une histoire européenne par excellence, mais brutal et pas toujours fluide, il peine parfois à convaincre le spectateur.

photo: Berlinale

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