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film

Interview avec l'acteur Horacio Camendule

Gigante                                                                             



Gigante a été récompensé par l'Ours d'argent
Uruguay, 2008, 84 min
Réalisateur: Adrián Biniez
Acteurs: Horacio Camandulle, Leonor Svarcas, Néstor Guzzini
Section: Compétition

de Sergio Marx

Jara travaille de nuit dans un supermarché. Sa tache est de rester seul derrière son écran et de surveiller les femmes de ménages qui s'occupent de redonner un peu d'éclat aux allées du magasin. Jara est également videur, le week-end, dans une boîte de métal. Le métal et les parties de jeux-vidéos avec son neveu sont les seuls passe-temps qui égayent sa routine. Bien que possédant un physique imposant, Jara est calme, timide, taciturne, peut-être un peu mélancolique. Tout change au cours d'une nuit semblable aux milliers d'autres qu'il a passé dans sa cabine de surveillance, où commence sa fascination pour une des femmes de ménages. Elle devient son obsession.

La compagnie de production uruguayenne Ctrl Z Films démontre une nouvelle fois sa perspicacité. Après le soutient apporté à 25 Watts (2001), film remarqué lors de nombreux festivals et illustrant la vie d'une bande de post-adolescents oisifs, elle permet à Adrián Biniez de tourner son premier film, un film drôle, poétique, humain, dont la qualité tient en grande partie à la performance de Horacio Camendule dans le premier rôle. Il était présent lors de la première mondiale du film à la Berlinale.

Comment a commencé le travail avec le réalisateur ?
Je suis un acteur de théâtre à la base. Il s'agit de mon premier film. Tout a commencé avec un casting, je ne connaissais pas le réalisateur. J'étais le premier à passer la casting. Adrián avait déjà une idée assez claire de ce qu'il voulait, car il y a un vrai Jara, un de ses amis.

Alors c'est une histoire vraie ?
Il y a une part de réalité. Adrian s'est inspiré de l'histoire d'amis.

Quels sont les intentions du personnage envers la jeune femme ? A certains moments il est difficile de savoir s'il veut l'embrasser ou la tuer.
Oui, ce jeu est intéressant. J'ai dû y penser lorsque je développais le personnage. Est-ce qu'il s'agissait d'amour, de fascination ? En fait je ne sais toujours pas ce qui lui est arrivé. Jara est plutôt solitaire, il vit seul, a 35 ans. Pour étoffer le personnage, je me suis imaginé qu'il avait eu une copine il y a longtemps, mais que ça c'était mal terminé, qu'il en était resté blessé, et les années s'étaient écoulées. Et lorsqu'il vit Leonor, tout cela remonta à la surface, c'est pour cela qu'il observe sans agir. C'est pourquoi l'expression corporelle est minimale mais l'expression sentimentale est maximale. Il regarde son écran et pourtant ne semble rien observer.

Le travail de Jara semble jouer un rôle important.
Oui, il est une sorte de big brother, le surveillant du panoptique de Foucault, être omniscient qui contrôle tout par le regard. Mais Jara ne se rend pas compte de cela. Il passe son temps à s'ennuyer et à faire des mots-fléchés. Il doit veiller à ce que personne ne vole dans le magasin, mais il s'en moque en réalité, il laisse les femmes de ménage voler du riz ou du yaourt. C'est un travail de routine, qui  rappelle peut être les Temps Modernes de Charlie Chaplin. Mais Jara, lui, ne s'efforce pas autant, tout cela lui importe peu.

Est-ce qu'il s'agit d'une histoire d'amour moderne ? Dans le film Leonor rencontre un homme par internet.
C'est une histoire d'amour, moderne je ne sais pas. Comment fait-on pour rencontrer quelqu'un avec qui l'on peut se sentir bien ? Nous sommes surcommuniqué, mais cela ne veut pas dire que nous communiquons plus entre nous.

Et Berlin?
Berlin m'a plu, j'y ai beaucoup marché, cela m'a fait penser à mon rôle dans le film, Jara marche également beaucoup.

photos: Berlinale

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Berlinale : '89, la musique ouest-berlinoise arrive en chair et en os à Berlin-Est

Von Wegen





Off Ways

Allemagne, 2009, 100 min

Réalisateur: Ulli M. Schueppel
Acteurs: Einstürzende Neubauten, Ronald Galenza, Heiner Müller, Alexander Pehlemann, Claus Löser
Section: Panorama Dokumente

de Sergio Marx

Décembre 89. Le mur est tombé depuis deux mois, mais la RDA existe toujours. Les Einstürzende Neubauten, groupe post-punk atonique industriel de Ouest-Berlin, décident de traverser la frontière et d'être les premiers à jouer « de l'autre côté ». Ils retrouvent là-bas une communauté de fans qui depuis des années se passent leurs enregistrements sous le manteau sans pourtant jamais avoir pu les voir sur scène. Le documentaire commence à Ouest-Berlin avec le groupe et documente le passage du poste-frontière, le trajet en van et l'arrivée dans le centre culturel Wilhelm Pieck d'une usine de Berlin-Est peu habitué à accueillir des musiciens pareils.


Mais là où le film trouve tout son intérêt est dans le fait que le réalisateur a retrouvé des Est-Berlinois de l'époque qui ont vu le concert, et refait avec eux, vingt plus tard, le trajet qui les mena de chez eux au concert des Neubauten. La plupart avaient la vingtaine et racontent leurs souvenirs de l'époque : l'importance de la musique, l'euphorie et l'espoir politique par rapport au futur de la RDA, mais déjà le sentiment d'une différence culturelle entre allemands de l'est et de l'ouest : une fille de l'Est demande au cameraman de l'Ouest s'il vient d'Australie, qui en retour lui demande qui est Wilhelm Pieck.


L'ambiance surréaliste de la soirée est d'ailleurs pimentée par l'arrivé à l'improviste de Jack Lang, par hasard en visite officielle avec Mitterrand, qui voulait absolument connaître l'avis d'artistes sur l'évolution politique en Allemagne, artistes qui se retrouvent un peu dépassé par les événements.


Le film est incontournable pour tous ceux qui s'intéressent à la problématique Est-Ouest en Allemagne, en l'occurrence depuis la perspective est-allemande. En partant d'un concert, le réalisateur parvient à élargir la perspective et aborder des sujets autres que la musique en mélangeant images de l'époque et images actuelles. Un film profond et drôle. A ne pas manquer !


photos: Berlinale


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Rachel morte en Palestine

Rachel





Frankreich, Belgien, 2009, 100 min

Réalisatrice: Simone Bitton
Section: Forum

de Sylvie Roche


En 2003, quelques membres d'une association pacifiste décident d'aller porter de l'aide dans la bande de Gaza. Leur présence permet souvent d'empêcher des fusillades meutrières ou la démolition de maisons habitées à proximité du mur. Mûs par leurs idéaux, ces jeunes Américains et Européens sont convaincus que l'on peut contribuer à la paix par des gestes simples. Au nom de ces idéaux, ils n'hésite pas à se mettre en danger pour conjurer l'absurdité d'une guerre sans adversaires. Leur aventure se solde par la mort odieuse de l'un d'entre eux, Rachel Corrie. L'image de cette jeune femme américaine face aux buldozers n'est pas sans rappeler la célèbre photo de Tien an Men.

Cinq ans plus tard, la cinéaste Simone Bitton retourne sur ses traces. À l'aide de sa caméra, elle enquête auprès des témoins du drames et des autorités pour démontrer que cet accident un meurtre déguisé. Si le sujet (la situation dramatique des Palestiniens dans la bande de Gaza) est malheureusement toujours d'actualité, le film quand à lui laisse songeur. Il ne délivre volontairement que peu d'informations sur la situation de la région en 2003, mettant en avant le drame personnel de cette jeune femme et de ceux qui l'ont cotoyée. On se sent donc un peu démuni face à un récit auquel il manque certains élements essentiels au rythme et à la compréhension. Quant à l'enquête, elle s'essouffle rapidement, ne livrant plus des indices, mais un point de vue tranché et indiscutable.Les intervenants sont très nombreux et traités de façon trop égale, ce qui rend l'identification à l'un d'entre eux difficile. On reste donc extérieur à un problème dans lequel l'émotion joue un rôle centrale.

Ce film est finalement bien moins un portrait annoncé d'une jeune activiste assassinée, qu'un hymne aux idéaux de paix.

photo: Berlinale

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Vingança

Vingança



Retribution
Brésil, 2008, 110 min
Réalisateur: Paulo Pons
Acteurs: Bárbara Borges, Erom Cordeiro, Branca Messina
Section: Panorama

de Sergio Marx

Une première scène dramatique : une jeune femme violée et laissée pour morte se réveille près d'une rivière, couverte de boue, le visage en sang. C'est ensuite un jeune homme qui quitte son village pour la métropole, suivi discrètement, mais de près, par ce qui semble être un policier en civil. Le violeur cherche-t-il un refuge ? Rien n'est moins sur dans ce thriller intimiste du réalisateur brésilien Paulo Pons qui nous laisse tout d'abord dans l'expectative et une certaine incompréhension pour ensuite nous faire comprendre à posteriori les chaînons manquants de l'intrigue. Le titre du film est lui sans équivoque : vengeance. L'honneur souillé par le crime ne peut être sauvé que par la punition du coupable, par une vendetta sanglante.
Le film souffre de l'utilisation sans retenue et maladroite de la caméra à la main, donnant certes un effet déstabilisant, mais pouvant gêner indûment le spectateur. Des plans fixes traditionnels auraient certainement été plus efficaces. Le scénario est laborieux et les textes sont parfois creux. Certains dialogues permettent toutefois de réveiller l'attention par leur humour piquant. La performance de Branca Messina est à noter. Malheureusement, le film ne vaut pas particulièrement le détour.

photo: Berlinale

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Human Zoo

Human Zoo





France, 2008, 110 min
Réalisateur: Rie Rasmussen
Acteurs: Rie Rasmussen, Nikola Djuricko, Nick Corey, Vojin Cetkovic, Hiam Abbass, Said Amadis
Section: Panorama

de Sébastien Vannier

Retrace le destin d'Adria qui fuit la guerre au Kosovo avec Srdjan, déserteur qui l'a sauvé d'un viol. Après avoir été son amante et la complice de ses crimes, Adria se retrouve à Marseille et découvre une nouvelle peur, celle d'être immigrée clandestine en France. Ces deux époques qui se jouent parallèlement montrent la difficulté de s'intégrer après avoir vécu ces horreurs de la guerre à l'autre bout de l'Europe. Ce film de la danoise Rie Rasmussen (la Angel-A de Luc Besson) est certes une histoire européenne par excellence, mais brutal et pas toujours fluide, il peine parfois à convaincre le spectateur.

photo: Berlinale

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