Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Doktor zu Guttenberg and Mister Hype (Electorallemand)

Cet article a été publié par Sébastien Vannier le 19 février 2011 sur le blog Electorallemand du site L'Express.fr

Le ministre de la défense allemand, Karl-Theodor zu Guttenberg, est accusé d’avoir fait un bon gros « copier/coller » dans sa thèse. En Allemagne, une véritable hérésie.

Bon, entre-nous, qui n’a jamais fait un copier/coller ? Avec Internet, crtl + C, ctrl + V. Hein, ni vu, ni connu, j’t'embrouille. Sauf qu’en Allemagne, c’est une autre paire de manches. La méthodologie scientifique allemande est telle que, chaque information doit être scrupuleusement attribuée à son auteur. On ne rigole pas avec ca. Tout ceux qui ont dû écrire un Hausarbeit, Bachelor-Arbeit, Master-Arbeit et qui plus est une thèse en allemand savent très bien de quoi je parle. Ces centaines de notes de bas de page où il faut indiquer l’éditeur, l’auteur, la page, l’anné de parution, sa taille de chaussures, et j’en passe et des pas mûres. Bref, une partie non négligeable du temps de rédaction consiste à citer ses sources, quel que soit le sujet. Et à bien les lister dans la bibliographie. Sinon, attention, c’est la sanction. Un oubli, ca peut être une erreur, deux, ca sent mauvais. Trois et le prof va songer à vous refaire faire le tout.

Mention très bien et félicitations du jury

Pourquoi je vous raconte tout ca ? Parce que c’est indispensable pour comprendre ce qu’il arrive actuellement à Karl-Theodor zu Guttenberg, le ministre de la défense allemand. Comme tout bon homme politique ambitieux qu’il est, la baron (c’est un vrai baron, c’est pas une expression politique) bavarois de la CSU sait bien qu’il sera difficile de faire carrière sans avoir le très prestigieux titre de Doktor. Un passage quasi incontournable pour les étudiants en droit ou en politique en Allemagne. Regardez les CV des membres du gouvernement allemand, vous trouverez du Dr. à tous les coins de rue ou presque. Si ce n’est du Dr. Dr. Et, attention, le Dr. fait partie du nom. Donc, KT (c’est son surnom) est ambitieux, très ambitieux. Elu au Bundestag en 2002 à 30 ans, il sait qu’il lui faut ce titre de docteur. C’est chose faite en 2007 « après sept années de travail minutieux » dit-il lui-même. Le sujet : « Constitution et contrat constitutionnel ». Université : Bayreuth, en Bavière, faisons les choses bien. Mention : summa cum laude, bref ce qu’il se fait de mieux. Génial, mention super, félicitations du jury et plus si affinité. Bref, victoire. Deux ans plus tard, Dr. zu Guttenberg passe ministre de l’économie. On sait pas toujours bien pourquoi mais il devient le chouchou des Allemands. Puis ministre de la défense. Bref, il est jeune, il a les cheveux gominés, il a une femme jeune et belle. Et donc il va devenir chancelier. Sauf que…

La listes des passages douteux s’allonge

Sauf qu’il y a quelques jours, le journal Süddeutsche Zeitung (basé en Bavière lui aussi) révèle une enquête du professeur de droit Andreas Fischer-Lescano. Celui-ci, prof à Brême affirme que Dr. zu Guttenberg aurait plagié plusieurs textes dans sa thèse qu’il avait lue (qui a dit que personne ne lisait les thèses ?). Et là, tout s’enchaîne. Intrigué, d’autres journaux mènent l’enquête. La F.A.Z. se rend compte que la thèse comprend en toutes lettres un de leurs articles écrits par la professeur Barbara Zehnpfennig. Sans aucune mention de la source. Et ce, dans l’introduction, censée montrer le cheminement personnel de l’auteur de la thèse pour définir le sujet. Aie. L’affaire monte. Une page Wiki est créée sur Internet pour que les internautes puissent collectivement éplucher le travail du ministre de la défense. La liste des potentiels plagiats augmente d’heure en heure et dépassent désormais la centaine. Parmi les auteurs qui auraient pu être plagiés (on va mettre du conditionnel, soyons prudents) : un député de la CDU, le service scientifique du Bundestag, un étudiant en licence à la FU dont le travail était disponible sur Internet. Et un prof d’Eichstätt, ca c’est blasphème ! Bref, en attendant que tout soit vérifié, la suspicion monte sur la méthode employée par le ministre de la défense pour rédiger sa thèse.

Celui-ci ne se laisse pas décontenancer et contre-attaque. Vendredi, il convoque une conférence de presse avec des « journalistes sélectionnés ». Pas de bol, en même temps, c’est la conférence de presse officielle du gouvernement. Autant dire que les journalistes pas invités l’ont très mauvaise. Et je les comprends très bien. Zu Guttenberg explique donc : « c’est bien moi qui ai écrit mon travail ». « J’ai écrit cette thèse pendant sept ans en parallèle de mon travail de député et de jeune père ». « C’est indéniable qu’il y a des erreurs » mais « je n’ai jamais consciemment fraudé ». J’essaye de mettre les vrais citations de la conf de presse , sinon…

En attendant, il renonce tout de même à son titre de docteur « temporairement » pendant que l’affaire est étudiée par le médiateur de l’université de Bayreuth.

Zu Guttenberg peut-il résister à tout ?

Que risque zu Guttenberg aujourd’hui ?

Certains diront : rien, cet homme est en téflon, il peut tout lui arriver, la population lui pardonnera. C’est pas impossible. Et puis, quelle marge de manoeuvre a l’université ? Elle lui a quand même donné une mention très bien sur cette thèse il y a trois ans à peine. Je les vois mal dire aujourd’hui : ah bah non, en fait, il est complètement faux ce travail, on lui enlève. Parce que l’université risque de perdre très gros sur sa réputation. Cependant, il y a d’autres scénarios possibles : à titre personnel, je pense que l’affaire n’est pas à sous-estimer : le titre de docteur et la méthodologie universitaire sont des éléments très spécifiques de la culture allemande. Si quelqu’un les prend à la légère, cela peut être très mal vu et cela remettrait en cause la crédibilité du plus populaire minsitre actuel. Le battage médiatique actuel n’est pas anodin. Si il est avéré qu’il a effectivement essayé de tromper son monde – soit en faisant volontairement des copier/coller sans citation, soit, et l’hypothèse est de plus en plus évoquée, en confiant l’écriture de la thèse à un tiers – et qu’en plus, il a menti publiquement sur ce sujet, sa carrière politique est en danger.

Politiquement, l’opposition de gauche se réjouit à pleines dents de voir enfin une faille dans la cuirasse de Guttenberg et se plonge dedans évidemment. Avec les déboires de l’armée allemande en Afghanistan ou les différentes affaires qui secouent la Bundeswehr, si ils pouvaient faire tomber zu Guttenberg sur une histoire de « copier/coller », cela réjouirait plus d’un à gauche. A droite, on rit moins forcément. Ses camarades du gouvernement, dont Angela Merkel, dénonce une campagne de calomnie et le soutiennent pour l’instant. Donc, pour l’instant, l’attente est de mise. L’affaire est dans les mains de l’université de Bayreuth, seule à pouvoir juger scientifiquement de cette affaire. Politiquement, évidemment, c’est autre chose.

C’est vrai que Guttenberg se faisant prendre en train de copier en Allemagne, c’est assez ironique (je suis sûr qu’on lui a jamais faite à l’école, celle-là).

Berlinale : à la recherche du temps perdu

La journée est déjà bien entamée, pourtant Boris (Esteban Bigliardi) et Ana (Cecilia Rainero) traînent encore au lit. Les amoureux partagent un café, Boris entame la lecture du journal. Un jour comme un autre à première vue. Mais Ana à quelque chose sur le coeur. « Boris, on a besoin d'une pause ». Et Boris s'installe peu après dans un hôtel bon marché. Son couple bat de l'aile.

Rodrigo Moreno


S'ensuit un voyage erratique dans le coeur de Buenos Aires. Boris n'a plus d'attaches, il flâne d'un coin à l'autre de la ville, sans but. Il s'achète une vielle voiture roumaine, qui se révèle être un misérable tacot qui ne lui cause que des ennuis, mais Boris reste relax. Après la rencontre fortuite d'un ancien camarade du lycée, il traîne de soirée en soirée et vit quelques aventures sans lendemain. Il a perdu le cap, mais n'en a-t-il jamais eu ? Boris semble toujours avoir été comme ça, calme, flegmatique, stoïque même, mais peut-être aussi à la dérive et sans ambition. Il laisse la vie suivre son cours, sans chercher à la contrôler.


Le film de Rodrigo Moreno, Un mundo misterioso, dépasse les cadres narratifs habituels. L'histoire, s'il y en a une, n'est pas une suite de péripéties suivant une certaine logique ou ayant une finalité bien précise. L'enchaînement n'a pas de but en soi. Et Boris reste impassible de bout en bout.





De quoi frustrer le spectateur impatient, notre cinéphile Sandra Wickert notamment, qui se plaint de la molesse du film, dans sa critique (en allemand). « Un peu d'action s'il vous plait ! »


Oui, l'action est aux abonnés absents. D'ailleurs lors de la projection presse, les premiers journalistes ont quitté la salle après cinq minutes d'une virée sans but à bord de la Tokha roumaine. Moi même, au bout de vingt minutes, j'ai commencé à pester : « Comment ZDF et Arte ont pu lâcher de la thune pour un navet pareil, alors tant que réalisateurs crèvent de faim ! » Mais ce début n'est qu'une mise en bouche, car le passage de Boris dans une librairie nous donne la clé de l'énigme. « Je te conseille 'Grand Prix', » lui dit le libraire, « un roman sur fond de course de formule un. Le début de l'histoire est très bien ficelé, mais il se perd ensuite dans des descriptions interminables, on perd très vite le fil. Un peu comme dans la vie en fait. » Le film prend alors une autre dimension.


Moreno nous appelle à nous défaire de nos habitudes de spectateurs friands de scénarios ficelés à la perfection, où chaque personnage a un rôle bien défini et une reparti hors du commun. Il nous montre la réalité, parfois barbante, parfois intense, mais où chaque événement ne fait pas forcement partie du grand Masterplan du Tout-Puissant (bon, là je m'avance peut-être un peu, je laisse chacun à ses croyances). Dans Un mundo misterioso, ce monde mystérieux qui est le nôtre, Moreno veut illustrer l'« esprit d'escalier », cet éclair de génie qui nous vient trop tard. Il nous montre la vie comme elle est, faite d'instants ratés, de conversations sans issues, d'hésitations fatales, mais ayant aussi sa part de poésie. Boris l'accepte ainsi. Quand il demande à Eva si elle veut revenir avec lui, elle répond qu'elle doit se tenir au délai de la pause avant de se décider. « Je ne peux pas changer d'avis comme ca. » « Alors tu joues la comédie là ? » lui dit Boris. Pas besoin, soit toi même.


Un film profondément humain qui appelle à prendre du recul face à l'instantanéité et à la surconnexion du monde actuel, face à cette pression sociale qui veut que chaque instant soit utilisé à bon escient, ce qui, au fond, n'est qu'oppression de l'individu. Un mundo misterioso saura récompenser par sa candide poésie le spectateur prêt à prendre son temps.

Berlinale : Les femmes du 6e étage. Olé.

L'histoire : M.Joubert vit tranquillement dans son 1re étage avec Mme Joubert. Même si Mme Triboulet, la concierge du rezu-de-chaussée est pas d'une humeur facile. Ni Germaine, la bonne qui habite au 6e d'ailleurs. Ni Mme Joubert qui habite elle aussi au 1er étage. Car c'est la femme de M.Joubert. Mais, un jour Germaine (qui habite au 6e étage), vexée, décide de quitter la maison. Il ne reste quàu couple Joubert (qui habite au 1er étage) qu'à trouver une nouvelle bonne. Ca tombe bien, Maria vient d'arriver au 6e étage parmi les autres Espagnols. Une vraie fée du logis, cette Maria. Tant et si bien que le 1er étage va commencer à s'intéresser à ce qu'il se passe au 6e.

Qu'est-ce qu'on en pense, à chaud ? Alors, je regarde Opodo pour me trouver un vol vers l'Espagne. Et je m'enfile une paella au passage.

Qu'est-ce qu'on en pense, à froid ? C'est pas facile de trouver une paella comme ca, à l'improviste à Berlin. Sinon, ai-je besoin de dire que j'adore Fabrice Luchini ? Tant pis, je le redis. Sandrine Kiberlin joue également très bien son rôle de jeune vieille fille super-chiante. Quant à nos Espagnoles du 6e étage, le trait est souvent un peu forcé , mais l'ambiance de groupe rend le tout agráble. Au final, une comédie qui surprend tout de même alors qu'on s'attend à des rôles figés et quelques clichés. Bonne humeur au rendez-vous.

Est-ce qu'ils vont gagner ? Non. C'est sûr. Parce qu'ils sont hors compétition. Comme ca, c'est fait.

Les infos officielles : N'oublions pas de citer le réalisateur Philippe Le Guay. N'oublions pas que le film sort en France aujourd'hui même, le 16 février 2011.

Et en plus, on a des photos (ouais, ni Fabrice Luchini, ni Sandrine Kiberlin, mais après tout Natalia Verbeke était là...) :

6e etage -3

6e etage -2

6e etage -1

photos : Katarzyna Swierc

Berlinale 2011, les frères Coen à l’ouverture (Electorallemand)

Article publié le 24 janvier 2011 par Sébastien Vannier sur le blog Electorallemand :

Février approche et Berlin se prépare déjà à la Berlinale. Encore du beau monde au programme dont le très attendu True Grit des frères Coen en ouverture.

Je vous le dis tout de suite, cet article ne sera pas objectif du tout. Parce que j’adore les frères Coen. Les réalisateurs de The Big Lebowski, O’Brother, No Country For Old Men, Burn After Reading, etc font, à mon partial avis, partie de ce qui se fait de mieux dans le cinéma aujourd’hui. Les programmateurs du festival du film de Berlin ont donc frappé un grand coup en annoncant dès décembre la présentation du film True Grit en ouverture du festival le 10 février. Peu importe ce qui allait venir après.

Les stars allemandes au rendez-vous

Bon, finalement, la liste définitive des films en compétitions vient d’être annoncée et il y a encore quelques affiches à suivre. D’abord l’immense Wim Wenders jouera la star à domicile. Même si le réalisateur des Ailes du désir, de Bunea Vista Social Club s’est beaucoup orienté vers les Etats-Unis dans ses films, il reste l’une des icônes allemandes. ll présentera donc, hors compétition, le film Pina, présentée comme « film de danse en 3D » (ca attise la curiosité en tout cas). Côté star allemande, on retrouvera une nouvelle fois l’acteur Moritz Bleibtreu, qui avait fait une performance très contestée l’année dernière dans le film « Jud Süss – Film ohne Gewissen« . Il sera cette fois à l’affiche de Mein bester Feind (mon meilleur ennemi) du réalisateur Wolfgang Mundberger. Deux autres grands noms du cinéma allemand, Bruno Ganz et Diane Kruger partageront l’affiche avec Liam Neeson dans le film Unknown de Jaume Collet-Serra.

Luchini après Mamuth

Des stars, ecnore des stars, pour que les paillettes fassent oublier l’hiver berlinois ! Allons, n’en jetez plus, je vous offre Kevin Spacey, Jeremy Irons et Demi Moore pour Margin Call, le premier film de JC Chandor. Et Ralph Fiennes, dans le premier film également de … Ralph Fiennes (comme ca, c’est plus simple pour le casting) Coriolanus. Où sont nos petits francais pendant ce temps-là ? C’est vrai que l’année dernière, la présence de Gérard Depardieu et de l’équipe du Groland avait mis une belle ambiance du côté de la Potsdamer Platz (pas encore aussi connue que « La Croisette » comme lieu, mais ca viendra). Cette année, c’est Fabrice Luchini et Sandrine Kiberlain qui seront les porte-drapeaux du contingent francais dans le film Les femmes du 6e étage de Philippe Le Guay (réalisateur de Le coût de la vie). Et pour pas faire trop d’ombre aux autres films, celui-là reste hors compétition. C’est sport. En compétition cette fois, Les contes de la nuit, un film d’animation de Michel Ocelot.

Ich bin eine Berlinerin : Christel Barth, baigneuse intrépide

Charlemagne adorait ca. Goethe aussi. La baignade dans le lac en hiver, c´est aussi le dada des Berliner Seehunde. On les croit un peu dingue, mais pas tant que ça, en fait. Rencontre avec Christel Barth, une berlinoise de souche qui admet tout de même avoir un peu mal aux orteils quand elle sort de l'eau.


Propos recueillis par Eva Déprez


L'eau est-elle effectivement froide ?


Cela fait 20 ans que je me baigne tous les dimanches de septembre à avril, alors je suis habituée. On reste dans l'eau une minute ou deux, pas plus. En sortant, on se sent vraiment bien. Ça fait un peu le même effet que le sauna, avec la technique inverse.


D'où vient cette tradition ?


Ça se fait beaucoup dans les pays du Nord, au Danemark ou en Finlande. En Allemagne, c 'est surtout à l'Est. À l'Ouest il y a quelques associations de baigneurs, mais c'est très différent. Chacun va se baigner quand il le veut, ils n'ont pas de vie associative comme nous l'avons. Nous, on se baigne ensemble.


Peut-on voir la baignade comme un sport ?


Absolument ! Mais au départ, le centre sportif de Borsig ne voulait pas reconnaître la baignade comme un vrai sport, sous pretexte que si l’on ne fait pas de compétition, on ne fait pas vraiment de sport. La reconnaissance est venue grâce à des médecins berlinois qui ont insisté sur le fait que c'était bon pour la santé.



Mais cela est-il vraiment bon pour la santé de se baigner quand il fait moins 10°C dehors ?


Oui ! D'ailleurs il n'y a pas de lien direct entre Froid et Maladie. Beaucoup d´entre nous tombent moins souvent malade. Même psychologiquement, c'est important. Quand on sort de l'eau, on est vraiment de bonne humeur parce que le cerveau sécrète des endorfines qui donnent une sensation de bien-être. Ça peut avoir des effets durables.



Qu'est-ce qui vous motive le plus ?


Nous sommes des gens normaux qui pensons à notre santé. Peut-être qu' au début, certains faisaient ça pour épater la galerie. Ils avaient l´impression de se démarquer en faisant quelque chose d'un peu spécial. Aujourd'hui c'est plutôt l'aspect santé qui compte. C'est le moyen d'avoir une activité physique bénéfique sans faire trop d'effort.


N'importe qui peut-il aller dans l'eau ?


Oui mais il vaut mieux bien se préparer. L'ideal, c'est de commencer par se baigner en septembre quand l'eau n'est pas trop froide. Quand on n’a pas l'habitude, il faut y aller progressivement.


Quel est le meilleur moment de la saison ?


En janvier, on invite d'autres associations de baigneurs d'hiver, d'Allemagne ou d'ailleurs. C´est l'occasion de se rencontrer et de s'amuser ensemble. Au fil du temps, c'est devenu un vrai carnaval. C'est très différent des autres dimanches d'hiver, où le plus important reste le côté « sain » de la baignade. Là, c'est très festif et c'est ouvert au public. Si vous venez, n'oubliez pas vos maillots de bain !



Strandbad Orankensee
Hohenschönhausen, Gertrudstr. 7


M4+27+13 Buschallee


Tous les dimanches et aussi…


- « Weihnachtsbaden » * 25 DEC * 10h


- « Neujahrsbaden » * 1er JAN * 11h


- « 27. Winterbaden in Berlin » * 8 JAN * 14h


www.berliner-seehunde.de


Article paru en décembre dans Berlin Poche.


A Soul for Europe ?

Il y a deux semaines se déroulait à Berlin l'édition 2010 de la conférence A Soul for Europe sensée comme son nom ne l'indique qu'à moitié, réunir acteurs politiques, économiques, non-gouvernementaux et culturels pour donner un semblant de chaleur humaine au projet européen si froidement politique et économique.

« T'étais au courant ? Depuis le traité de Lisbonne, le drapeau de l'UE et l'Hymne à la joie ne font plus partie des symboles officiels de l'UE »
-  Ah bon ? Ben, qu'est ce qui reste alors ?
- Ben, rien, il n'y a plus rien...
- Aha, ouais, d'accord »

En cet après-midi de début décembre, barricadé dans mon appartement dû aux températures sibériennes sévissant à l'air libre, je me remémore ce court échange avec un collègue lors des workshops précédant la conférence. Rien, il n'y a plus de symboles officiels reconnus officiellement par les traités. Bon, vous me direz que l'hymne et le drapeau sont tout de même utilisés de manière inofficielle, mais la distanciation que le Traité de Lisbonne a introduite semble symptomatique de l'aridité d'usage des institutions européennes.

Oui, l'Europe a souffert au cours de l'histoire des drapeaux sanglants, des hymnes guerriers, du nationalisme hostile. Toute tentative de rejouer sur ce terrain doit bien-sûr être condamnée. Mais il ne faut pourtant pas tomber dans la schizophrénie actuelle qui est d'épurer l'UE dans sa représentation, en en faisant une sorte d'entité supranationale neutre, sans substance, et de pourtant demander à chaque européen d'y ressentir une sorte d'attachement patriotique. C'est contre-productif. Les sondages eurobarometres le confirment d'ailleurs régulièrement,  les européens se désintéressent de  l'UE. Elle semble lointaine, bureaucratique et opaque.

Au cours de la conférence, il a beaucoup été question de culture européenne, car. « personne n'aime sa patrie pour son marché commun ou ses institution » comme l'a fait remarquer Gabriella Gönczy, porte-parole de l'association A Soul for Europe. Secondée par Wim Wenders, elle a tenu un plaidoyer pour que l'Europe communique moins sur ces institutions que sur sa culture, par l'image notamment. La connaissance des trésors de la culture européenne peut pousser les européens à se sentir comme tels et ensuite à adhérer au projet institutionnel.

Le metteur en scène Javor Gardev en a profiter pour enfoncer le clou. En plus d'appeler l'Europe à être plus fière de son patrimoine, il a évoquer l'incapacité des Européens à créer une mythologie positive. La production médiatique européenne est bien loin de créer les mythes qu'est capable de colporter la machine à rêve américaine à travers son industrie du divertissement. Une telle « propagande » est celle que souhaite Gardev, une propagande positive qui crée un « rêve européen ». Quel européen pourrait réveiller autant d'espoir parmi ses concitoyens qu'Obama, par exemple ? On n'ose en réver.

Cessons de communiquer sur l'UE et parlons plus d'Europe, à quoi bon connaître les institutions, ce sont les habitants de l'Europe qu'il nous faut connaître. Comment avoir de l'affection pour un appareil ? Il nous faut des symboles, des images fortes, des destins hors du commun, des épopées, des success story, des échecs, des victoires. Et pourquoi pas plus de drapeaux, de couleurs et de musique pour créer une Union des citoyens ? Même si elles sont nécessaires, les cravates n'enfièvrent pas le monde. On manque de boogie-woogie. Surtout par -20 à Berlin.

Ick bin ein Berliner : Christof Ellinghaus du label City Slang

Cela fait 20 ans que le mythique label indie City Slang mène sa barque à contre-courant du diktat electro berlinois, les yeux rivés sur le continent américain. Et ça marche, à en voir le catalogue truffé de spécimens rares qu’Ellinghaus a ramené de ses expéditions en terre rock: Arcade Fire, Nada Surf, Tortoise, Calexico… Ne ratez pas le festival-anniversaire ce weekend.


A.G. : Comment choisissez-vous les artistes avec qui vous travaillez ?
C.E. : Ici. (Il montre son coeur) Quand le coeur bat. Parfois quand j'écoute une chanson mon coeur se met à battre très vite. Parfois. C'est difficile à décrire... Je ne prends que les groupes qui me plaisent vraiment. Je ne dis pas : « Aujourd'hui c'est Norah Jones qui est en vogue, alors il m'en faut une ! » C'est les Majors qui font ça.

Vous signez en grande majorité des artistes des États-unis…
Ça tient au fait que les groupes qu’on produit sont tout simplement ceux qui me plaisent. Et ma socialisation musicale ne s’est pas faite à travers la musique allemande. Il y a des gens qui ont grandi avec le Schlager ou bien avec le Krautrock, moi j'étais trop jeune pour ça. Je suis rentré dans l'underground américain en écoutant des groupes comme Suicide ou Violent Femmes. C'était complètement différent de tout ce que j'avais entendu jusqu'alors! C'est la musique qui m'a le plus frappé, le plus impressionné. C'est resté. Et puis j'ai aussi travaillé avec beaucoup de groupes américains à l'époque où j'étais agent de tournée. Souvent ils me demandaient : « Est-ce que tu peux nous aider à trouver un label en Europe ? » C'est comme ça que je me suis retrouvé à créer un label.

Votre première rencontre avec Arcade Fire ?
Dans un club aussi grand que cette pièce (environ 15 m2, NDLR), à New York. Quand ils se sont mis à jouer, il est venu quelque chose de la scène que je n'avais jamais ressenti. Une force primitive, une énergie, une euphorie... Waouh! A la fin du concert je suis allé leur parler. Puis après on s'est rencontrés plusieurs fois, et ils sont rentrés à City Slang.

Est-ce que c'est parfois difficile d'exister à Berlin quand on n'est pas un label electro ?
On a quand même Caribou ! Et Health, To Rococo Riot et Tortoise. On ne fait pas que de la vieille country !  Je ne comprends personnellement pas très bien l'electro, je ne suis pas la scène, je ne vais pas en rave et je ne gobe pas de pilules, je suis aussi certainement trop vieux.

Où est-ce que vous sortez quand vous voulez écouter de la bonne musique ?
Dans ma cave ! (Rires) Comprenez une immense collection de musique extrêmement bonne ! Le Lido et la Festsaal Kreuzberg sont mes salles préférées, j'aime aussi le West Germany et le Tempodrom.

Est-ce que Berlin est pour vous "the place to be", comme le dit la pub ?
C'est "the place to be" pour moi, oui. J'y vis depuis 1984 et j'y ai mes racines maintenant. Mais si je n'étais pas à Berlin, je ne serais pas en Allemagne : je ne peux pas m'imaginer vivre à Munich, Cologne, Düsseldorf ou à Hambourg, bien que cette dernière soit jolie. Et puis Berlin est une capitale qui ne coûte pas cher. Ce n’est pas comme Paris, Londres ou New York. Les groupes, les artistes, les designers viennent ici, il y a un vrai pool créatif. 

Propos recueillis par Annabelle Georgen.

Article publié en novembre dans Berlin Poche.



FESTIVAL 20 YEARS OF CITY SLANG
ADMIRALSPALAST
DU 19 AU 21 NOV * 19H30 (ce weekend !!)
Ven. : Get Well Soon, The Notwist, Calexico
Sam. : Menomena, Tortoise, Broken Social Scene
Dim. : Alexi Murdoch, Yo La Tengo, Lambchop
1 soir : 45,80- 51,55€
3 soirs : 112,50€

Les dix leçons à tirer du convoi nucléaire (Electorallemand)

Ça y est. Après un week-end de suspens international, le convoi de déchets radioactifs est enfin arrivé sur le site de Gorleben ce mardi. Petit bilan détaillé et décalé de cette épopée franco-allemande.

Article publié le 11 novembre par Sébastien Vannier sur le blog Electorallemand

1 - Maintenant, les Francais aussi savent ce que c’est que le Castor. Non, parce que jusque-là, quand j’essayais de parler du Castor, on me regardait avec des yeux plein de pitié pour ces journalistes qui, épuisés par le stress de leur métier, déliraient dans leur burn-out permanent. Non, ce transport de déchets radioactifs est bien surnommé en allemand le Castor. Acronyme de « cask for storage and transport of radioactive material ». Ouais, c’est un peu tiré par les poils comme acronyme, mais « cfsatorm », c’est pas cool comme nom.

2 - 50 000 manifestants selon les organisateurs. Plusieurs dizaines de milliers selon la police. Le compte est bon. Les différents comptes convergent. Donc, police et syndicats francais contestent ces chiffres pas du tout crédibles.

3 - 50 000 personnes contre un Castor ! Scandale ! Que font les écolos ? Ah bah voilà, ils se mobilisent pour une gare ou un train, mais quand il s’agit de sauver une pauv’ bête sans défense…

4 - Justin Bieber tient à signaler que lui a réuni encore plus d’ennemis sur un nom de Castor (je décline la responsabilité de cette blague sur mon ami Mathieu)

5 - L’amitié franco-allemande, il y a que ça de vrai. Les entreprises d’énergie qui travaillent main dans la main : Tiens, je te file mes déchets, tiens je te les refile. Les forces de police qui travaillent ensemble avec ce renouvellement de la garde symbolique à Kehl. Les anti-nucléaires des deux pays presque au même niveau : 2000 sur la route à Gorleben, 7 (dont un Allemand) à Caen. Vraiment, De Gaulle (c’est actuel) et Adenauer seraient fiers de ce beau week-end.

6 - 92 heures pour faire Valognes – Gorleben, c’est quand même pas top. Frank Cammas parie qu’il pourrait faire mieux en prenant les fûts sur son multicoque. Bon, en cas d’avarie évidemment, ca peut faire tâche.

7 - BP aurait eu vent (ah ah) de cette proposition et proposerait de sponsoriser le bateau. Disons qu’ils ont une image à améliorer en ce moment. On pourrait le rebaptiser la loutre, mais bon, c’est pas l’acronyme de grand-chose la loutre.

8 - Plusieurs dizaines de millions d’euros pour payer ce trajet en train. Les gars, vous le saviez depuis des mois que vous feriez le trajet, pourquoi vous avez pas pris de billets Prem’s ? En plus, le premier Castor, c’était en 1995, vous auriez pu faire jouer la carte 12-25. Non, mal calculé là.

9 - Ok, j’avoue, il y avait aussi un trajet en voiture. Mais pour économiser un peu, il y a le covoiturage (en plus c’est écolo, ça). J’imagine l’annonce : Moi et mes dix copains radioactifs cherchont véhicule pour faire le trajet Dannenberg-Gorleben (20 km). Rendez-vous à la gare de Dannenberg le dimanche à 8h. Petit retard de 40 heures éventuellement. Ouais, à la réflexion, c’est vrai que ca aurait peut-être pas marché.

10 - Riri, Fifi, Loulou ainsi que les castors lapons hermaphrodites déclinent toute responsabilité dans cette affaire.

Les dix questions auxquelles Paul le poulpe n’aura pas pu répondre (Electorallemand)

(articlue publié le 27 octobre 2010 sur le blog Electorallemand)

Sébastien VANNIER

Jour de deuil national en Allemagne aujourd’hui. Paul n’est plus. Paul le poulpe et ses pouvoirs tout simplement flippants, capables de deviner les résultats des matches de foot (et pas seulement ceux d’Arles-Avignon). Bref, Paul savait tout et pouvait répondre sans jamais se tromper à toutes les questions. Bon, attention, que des questions binaires, hein : Oui ou Non, A ou B, rouge ou noir. Donc Paul pouvait prévoir que l’équipe de France allait perdre en Afrique du Sud. Mais ne pouvait pas répéter ce que Nicolas Anelka avait réellement dit dans les vestiaires de l’équipe de France.

Malheureusement donc, Paul n’est plus et il n’aura donc pas eu l’occasion à répondre aux milliers de questions que nous étions tentés de lui poser. Ici donc, un petit florilège (très subjectif) des questions auxquelles Paul n’aura pas eu le temps de répondre (évidemment à compléter par vos commentaires) :

1 – To be or not to be ?__

Parce que en fait, c’est un peu ca LA question. Et si Paul avait réussi à y répondre, ca nous aurait quand même enlevé une fière bretelle du pied.

2 – Should I stay or should I go?

Qui rejoint un peu la première question mais posée autrement (pour feinter Paul et voir si il est vigilant comme un poulpe)

3 – La pilule bleue ou la pilule rouge ?

Question posée par un certain Morpheus. En y réfléchissant bien, ca revient un peu à la première question.

4 – C’est qui le plus fort ? C’est l’éléphant ou l’hippopotame ?

Non, parce que l’éléphant concentre quand même tout sa force dans sa trompe. Ou alors c’est le poulpe peut-être ? C’est quand même super fort un poulpe.

5 – Couloir ou fenêtre ?

Non parce que fenêtre, on voit bien le paysage. Mais en cas de besoin un peu pressant, c’est vrai que fenêtre a aussi ses avantages. Surtout pour un poulpe.

6 – Est-ce que le tueur, c’est le colonel Moutarde, avec le chandelier, dans la véranda ?

Et puis de toutes façons, il a une tête louche ce Colonel Moutarde. Et ca peut quand même pas être Mademoiselle Rose. Quoique. Elle vient juste de sortir de la salle de billard. Et Madame Pervenche ?

Questions d’internautes :

7 – Angelina ou Jennifer ?

(question d’un certain B.P. mais aucun lien avec un fournisseur d’essence) – Paul aurait demandé à faire venir les deux demoiselles en questions pour pouvoir se décider. Pas bête, le poulpe.

8 – Faut-il mieux tuer son père ou se marier avec sa mère ?

(question d’un certain E.Deep) – Paul étant lui-même orphelin n’aurait pas souhaité répondre à la question

9 – Pour 2012, Nicolas ou Martine ? ou Eva ? ou Dominique ? ou Dominique ? ou François ?

(question de M. Ipsos) Non, les gars, on avait dit une question binaire, il a pas huit bras non plus, notre Paul. Ah, on me fait signe que si…

10 – Tes calamars, avec ketchup ou mayo ?

Il semblerait que ce soit la toute dernière question qui soit arrivée dans la boîte mail de Paul.

Et vous, aviez-vous aussi des questions à poser à Paul ?

Ick bin ein Berliner : Dr. Thomas Köhler

Tous les mois, Berlin Poche met un(e) Berlinois(e) à l'honneur. En octobre, c'est le tour de Thomas Köhler, directeur de la Berlinische Galerie.

Après de nombreux bouleversements, la Berlinische Galerie (fondée comme association en 1975) a enfin trouvé sa place dans un ancien dépôt et réouvert ses portes en 2004. Faisant partie des jeunes musées berlinois, la BG impressionne avec une collection qui reflète le parcours de la ville. Rencontre avec Thomas Köhler, le nouveau directeur des lieux.

Malte Pieper : Comment êtes-vous parvenu, après deux ans passés à la Berlinische Galerie au poste de directeur ? Que projetez-vous ?

Thomas Köhler : Pendant mes deux années passées à la BG en tant que responsable de collection et d'exposition, je me suis parfaitement acclimaté au lieu. En tant que directeur, je vise une programmation contemporaine, internationale et ne veux pas concurrencer les autres institutions culturelles mais favoriser la coopération, ce qui a manqué jusqu’alors. Après sept ans sans siège fixe, la BG doit évoluer et s’ouvrir. Cela a déclenché une transformation considérable car il a fallu édifier de toutes nouvelles structures.

À quoi devons-nous nous attendre dans un musée dénommé « galerie » ?

Il y a souvent de la confusion due à notre nom, après tout nous ne sommes pas une galerie commerciale mais attachons de l'importance à intégrer aux expositions notre collection de photographie, d'architecture et d'art datant de 1870 à nos jours. Nous ne sommes absolument pas un Heimatmuseum. Nous lançons des artistes qui ont déjà crée des rapports durables avec la ville ou qui sont en train de le faire au lieu de nous restreindre juste aux artistes ou motifs de Berlin. Nous essayons d'éclairer le Boom artistique de la capitale et d’expliquer comment l'art s'y est développé.


Comment décririez-vous le rôle que joue la Berlinische Galerie dans la capitale ?

Ça bouge dans notre quartier ! Dans le voisinage, à côté du Jüdisches Museum, des galeries fleurissent. Elles font partie de la culture urbaine – un vrai Galerienviertel !  Il m’est important de proposer une plateforme : une série d'expos en groupe de différents artistes installés à Berlin a pour but de constituer régulièrement un instantané qui irradie le milieu artistique. Malgré tout, la BG n'est pas un Projektraum. On n’y travaille pas d'une façon trop expérimentale. C’est une maison avec une grande surface d'exposition qui demande de la substance afin d'être occupée de façon agréable.

Comparé à New York ou Rome, en quoi Berlin est-elle une ville particulière ?

L'ambiance éphémère ! J'aime le changement continu – beaucoup de choses peuvent en naître et ça va bien avec la ville. On y trouve partout des lieux off captivants. Avant d’y habiter, j’ai été un « Berlinois clandestin » pendant dix ans alors que je travaillais au Kunstmuseum Wolfsburg : grâce à l’ICE je rejoignais Berlin en une heure et me délectais déjà d’expos durant les weekends !

Vous avez étudié l'Histoire de l'Art à Nanterre. Restez-vous toujours proche de la France et de sa culture ?

Malheureusement, je n'y suis plus souvent mais je rencontre volontiers des artistes français  pendant des visites d'ateliers. De plus, il y a un peu de France partout à Berlin. J'adore les restos ainsi que les cafés français. Et à un bon film français en version originale, je dis rarement non !

Propos recueillis par Malte Pieper

Berlinische Galerie

Landesmuseum für moderne Kunst, Fotografie und Architektur

Kreuzberg, Alte Jakobstr. 124-128 * U Kochstr.

Mer – Lun * 10–18h * 3-6€


La réforme des retraites vue d'Allemagne (Electorallemand)

La presse allemande adore les grèves en France, ça permet de ressortir les gros clichés sur ces voisins qui descendent dans la rue pour un oui ou pour un non. Mais, en réalité, c’est plus sur le divorce entre Nicolas Sarkozy et son peuple que se penchent les journaux allemands.

(Article publié le 23 octobre 2010 sur le blog Electorallemand)

A chaque mouvement de grève en France, c’est la même chose. Je reçois des commentaires : « Alors, encore bloqué ? » « Dis donc, ils en manquent pas une, les Francais ». » La retraite à 62 ans ? ridicule ». Cela a d’ailleurs été un peu le mot d’ordre du tabloïd Bild qui se disait : Nous, on n’a bien réussi à passer à 67 ans et regardez notre économie. Alors 62 ans, bonjour. Mais, en réalité, sortie de ces clichés un peu lourdauds, la presse allemande suit avec attention ce qui se passe en France pour plusieurs raisons.

Manifestations anti-Sarkozy

La plupart des journaux allemands voient en effet dans le conflit actuel une énorme vague de protestation contre le président francais. « Sarkozy s’oppose à son peuple » titre le magazine Spiegel. « La révolte des mécontents » pour la F.A.Z. Et le journal de Francfort de commencer par une comparaison historique : « Les gouvernants francais n’ont pas toujours été à la hauteur de leur temps. Le jour de la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, Louis XVI écrivait dans son journal : « rien ». Sous les lustres dorés de son ministère, le ministre des transports Dominique Busserau déclare aujourd’hui : « il n’y a pas de manque de carburants » « . Le site de l’hebdomadaire Die Zeit est encore plus explicite : « Les manifestations actuelles ne concernent pas les retraites. Le peuple se sent floué par Nicolas Sarkozy. Mais celui-ci ne peut plus faire marche arrière ». Même ton pour le professeur Etienne Francois qui explique dans la Bild Zeitung que « Les Francais ne sont pas aveugles, ils savent bien qu’il faudra augment l’âge de la retraite. Les manifestaions actuelles concernent la facon dont la réforme s’est effectuée et la position têtue de Nicolas Sarkozy ». Le quotidien berlinois Tagesspiegel prend même position : « Sarkozy doit rester ferme » sur cette réforme. » Si il arrive à tenir sa position, ce serait le signe d’un nouveau départ » avant de rajouter de rajouter le même constat que ces confrères : « le problème n’est pas l’impopularité de la réforme, mais celle de Nicolas Sarkozy lui-même« .

Bouclier fiscal, Bolloré, Bettencourt

Le journal Die Welt ( du groupe éditorial Springer) souligne que, outre la réforme actuelle, c’est surtout le fossé qui se creusent entre les plus riches et les plus pauvres qui fait sortir les Francais dans la rue. Le bouclier fiscal ou les vacances de Sarkozy sur le yacht de M.Bolloré ont convaincu les Francais que le président « est un ami des riches » écrit le journal. Cependant, celui-ci répète dans son article que les grèves ont actuellement des conséquences économiques importantes, en prenant l’exemple des entreprises touchées dans la région de Marseille. Le journal Die Zeit cite évidemment également l’affaire Bettencourt pour expliquer que « Nicolas Sarkozy ne cache pas sa proximité de l’élite financière« .

Pendant ce temps, à Sttutgart

Si la presse allemande ressort beaucoup moins que d’habitude les clichés sur les manifestations francaises, c’est qu’ils savent bien que le contraste Allemands disciplinés vs. Francais râleurs ne fonctionne pas (ou plus, c’est comme on veut). En effet, l’Allemagne assiste actuellement à d’impressionnantes manifestations à Sttugart, la capitale de la région très prospère du Bade-Wurttemberg. Ici, si des centaines de milliers de personnes sont dans la rue depuis des semaines, ce n’est pas pour se battre contre la retraite à 67 ans ou pour de meilleurs conditions sociales (chômage à moins de 5 % dans la région). Non, ici, jeunes et moins jeunes ont un autre but pour crier leur haine face au gouvernement local : la construction d’un nouvelle gare. La nouvelle gare souterraine à Stuttgart est devenue le sujet principal de la région et presque du pays qui se demande comment ce dossier a pu prendre une telle ampleur. Dans ce contexte donc, plus difficile d’aller reprocher aux Francais de se battre pour leurs retraites.

Sébastien VANNIER

Pierre Soulages : l’outrenoir

par Hélène Coineau

Né en 1919 à Rodez, Pierre Soulages est l’un des plus grands peintres français vivants du XXe siècle. Le Martin Gropius Bau lui consacre à partir du 2 octobre une grande rétrospective, celle-là même qui connut un énorme succès parisien au Centre Pompidou il y a tout juste un an. Une cérémonie anniversaire, en forme d’hommage pour les 90 ans du maître du noir, pour lequel sa ville natale prévoit en 2012 l’inauguration d’un musée personnel. On compte jusqu’à 150 toiles de Soulages dans les musées du monde entier, de New York à Londres, en passant par Paris bien-sûr, et Hannovre ou Berlin, capitale avec laquelle le maître a une relation toute particulière. En 1948, au sortir de la guerre et à une époque marquée par la couleur et la semi-figuration en peinture, il y expose sous le titre « Französische abstrakte Malerei » aux côtés d’artistes renommés tels que Kupka, Doméla ou Herbin. Sa peinture dévoile déjà une abstraction sans concession, ancrée de noir et profondément amoureuse de lumière et de reflets. Le grand public le découvre lors de ses multiples participations à la documenta de Kassel. Il fréquente les plus grands artistes de son temps (Sonia Delaunay, Picabia, Motherwell, Rothko...) et développe le concept de « noir-lumière » ou « outrenoir ». Loin d’être de simples monochromes, ses toiles vêtues de noir sont un langage de lumière et de profondeur. Elles attirent le spectateur dans l’oeuvre en évitant de bloquer son regard à la surface de la peinture et travaillent la matière comme une forme vibrante.



Martin Gropius Bau

Du 2 oct au 17 jan 2011

Mer-lun * 10-20h

8-10€

Article publié dans Berlin Poche d'octobre

- page 2 de 8 -