Cet article a été publié par Sébastien Vannier le 19 février 2011 sur le blog Electorallemand du site L'Express.fr
Le ministre de la défense allemand, Karl-Theodor zu Guttenberg, est accusé d’avoir fait un bon gros « copier/coller » dans sa thèse. En Allemagne, une véritable hérésie.
Bon, entre-nous, qui n’a jamais fait un copier/coller ? Avec Internet, crtl + C, ctrl + V. Hein, ni vu, ni connu, j’t'embrouille. Sauf qu’en Allemagne, c’est une autre paire de manches. La méthodologie scientifique allemande est telle que, chaque information doit être scrupuleusement attribuée à son auteur. On ne rigole pas avec ca. Tout ceux qui ont dû écrire un Hausarbeit, Bachelor-Arbeit, Master-Arbeit et qui plus est une thèse en allemand savent très bien de quoi je parle. Ces centaines de notes de bas de page où il faut indiquer l’éditeur, l’auteur, la page, l’anné de parution, sa taille de chaussures, et j’en passe et des pas mûres. Bref, une partie non négligeable du temps de rédaction consiste à citer ses sources, quel que soit le sujet. Et à bien les lister dans la bibliographie. Sinon, attention, c’est la sanction. Un oubli, ca peut être une erreur, deux, ca sent mauvais. Trois et le prof va songer à vous refaire faire le tout.
Mention très bien et félicitations du jury
Pourquoi je vous raconte tout ca ? Parce que c’est indispensable pour comprendre ce qu’il arrive actuellement à Karl-Theodor zu Guttenberg, le ministre de la défense allemand. Comme tout bon homme politique ambitieux qu’il est, la baron (c’est un vrai baron, c’est pas une expression politique) bavarois de la CSU sait bien qu’il sera difficile de faire carrière sans avoir le très prestigieux titre de Doktor. Un passage quasi incontournable pour les étudiants en droit ou en politique en Allemagne. Regardez les CV des membres du gouvernement allemand, vous trouverez du Dr. à tous les coins de rue ou presque. Si ce n’est du Dr. Dr. Et, attention, le Dr. fait partie du nom. Donc, KT (c’est son surnom) est ambitieux, très ambitieux. Elu au Bundestag en 2002 à 30 ans, il sait qu’il lui faut ce titre de docteur. C’est chose faite en 2007 « après sept années de travail minutieux » dit-il lui-même. Le sujet : « Constitution et contrat constitutionnel ». Université : Bayreuth, en Bavière, faisons les choses bien. Mention : summa cum laude, bref ce qu’il se fait de mieux. Génial, mention super, félicitations du jury et plus si affinité. Bref, victoire. Deux ans plus tard, Dr. zu Guttenberg passe ministre de l’économie. On sait pas toujours bien pourquoi mais il devient le chouchou des Allemands. Puis ministre de la défense. Bref, il est jeune, il a les cheveux gominés, il a une femme jeune et belle. Et donc il va devenir chancelier. Sauf que…
La listes des passages douteux s’allonge
Sauf qu’il y a quelques jours, le journal Süddeutsche Zeitung (basé en Bavière lui aussi) révèle une enquête du professeur de droit Andreas Fischer-Lescano. Celui-ci, prof à Brême affirme que Dr. zu Guttenberg aurait plagié plusieurs textes dans sa thèse qu’il avait lue (qui a dit que personne ne lisait les thèses ?). Et là, tout s’enchaîne. Intrigué, d’autres journaux mènent l’enquête. La F.A.Z. se rend compte que la thèse comprend en toutes lettres un de leurs articles écrits par la professeur Barbara Zehnpfennig. Sans aucune mention de la source. Et ce, dans l’introduction, censée montrer le cheminement personnel de l’auteur de la thèse pour définir le sujet. Aie. L’affaire monte. Une page Wiki est créée sur Internet pour que les internautes puissent collectivement éplucher le travail du ministre de la défense. La liste des potentiels plagiats augmente d’heure en heure et dépassent désormais la centaine. Parmi les auteurs qui auraient pu être plagiés (on va mettre du conditionnel, soyons prudents) : un député de la CDU, le service scientifique du Bundestag, un étudiant en licence à la FU dont le travail était disponible sur Internet. Et un prof d’Eichstätt, ca c’est blasphème ! Bref, en attendant que tout soit vérifié, la suspicion monte sur la méthode employée par le ministre de la défense pour rédiger sa thèse.
Celui-ci ne se laisse pas décontenancer et contre-attaque. Vendredi, il convoque une conférence de presse avec des « journalistes sélectionnés ». Pas de bol, en même temps, c’est la conférence de presse officielle du gouvernement. Autant dire que les journalistes pas invités l’ont très mauvaise. Et je les comprends très bien. Zu Guttenberg explique donc : « c’est bien moi qui ai écrit mon travail ». « J’ai écrit cette thèse pendant sept ans en parallèle de mon travail de député et de jeune père ». « C’est indéniable qu’il y a des erreurs » mais « je n’ai jamais consciemment fraudé ». J’essaye de mettre les vrais citations de la conf de presse , sinon…
En attendant, il renonce tout de même à son titre de docteur « temporairement » pendant que l’affaire est étudiée par le médiateur de l’université de Bayreuth.
Zu Guttenberg peut-il résister à tout ?
Que risque zu Guttenberg aujourd’hui ?
Certains diront : rien, cet homme est en téflon, il peut tout lui arriver, la population lui pardonnera. C’est pas impossible. Et puis, quelle marge de manoeuvre a l’université ? Elle lui a quand même donné une mention très bien sur cette thèse il y a trois ans à peine. Je les vois mal dire aujourd’hui : ah bah non, en fait, il est complètement faux ce travail, on lui enlève. Parce que l’université risque de perdre très gros sur sa réputation. Cependant, il y a d’autres scénarios possibles : à titre personnel, je pense que l’affaire n’est pas à sous-estimer : le titre de docteur et la méthodologie universitaire sont des éléments très spécifiques de la culture allemande. Si quelqu’un les prend à la légère, cela peut être très mal vu et cela remettrait en cause la crédibilité du plus populaire minsitre actuel. Le battage médiatique actuel n’est pas anodin. Si il est avéré qu’il a effectivement essayé de tromper son monde – soit en faisant volontairement des copier/coller sans citation, soit, et l’hypothèse est de plus en plus évoquée, en confiant l’écriture de la thèse à un tiers – et qu’en plus, il a menti publiquement sur ce sujet, sa carrière politique est en danger.
Politiquement, l’opposition de gauche se réjouit à pleines dents de voir enfin une faille dans la cuirasse de Guttenberg et se plonge dedans évidemment. Avec les déboires de l’armée allemande en Afghanistan ou les différentes affaires qui secouent la Bundeswehr, si ils pouvaient faire tomber zu Guttenberg sur une histoire de « copier/coller », cela réjouirait plus d’un à gauche. A droite, on rit moins forcément. Ses camarades du gouvernement, dont Angela Merkel, dénonce une campagne de calomnie et le soutiennent pour l’instant. Donc, pour l’instant, l’attente est de mise. L’affaire est dans les mains de l’université de Bayreuth, seule à pouvoir juger scientifiquement de cette affaire. Politiquement, évidemment, c’est autre chose.
C’est vrai que Guttenberg se faisant prendre en train de copier en Allemagne, c’est assez ironique (je suis sûr qu’on lui a jamais faite à l’école, celle-là).






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Après de nombreux bouleversements, la Berlinische
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Né en 1919 à Rodez, Pierre Soulages est
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fréquente les plus grands artistes de son temps (Sonia Delaunay, Picabia,
Motherwell, Rothko...) et développe le concept de
« noir-lumière » ou « outrenoir ». Loin d’être de simples
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profondeur. Elles attirent le spectateur dans l’oeuvre en évitant de bloquer
son regard à la surface de la peinture et travaillent la matière comme une
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